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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Mais Alexandre ne se borne pas à jalonner par des ouvrages ses futures lignes de défense et d'appui: il ordonne des réunions et des mouvements de troupes. Ici, c'est incontestablement lui qui prend l'avance. Dans la seconde moitié de 1810, avant que Napoléon ait remué un homme, les corps russes postés près de la frontière et tenus en état de mobilisation permanente sont rejoints par d'autres; des renforts arrivent, les effectifs grossissent; insensiblement, des armées se forment. Seulement, dans le vaste et muet empire où tout bruit s'amortit, où le silence est une tradition et une loi, aucun indice perceptible au dehors ne trahit ce glissement d'hommes et de matériel vers le bord du pays. À Pétersbourg, notre ambassadeur demeure enveloppé de prévenances; dépourvu de tout moyen sérieux d'information, séparé de la nation par la barrière infranchissable de la langue, il ne voit que le palais et la cour, où ne s'accuse aucun mouvement suspect, n'aperçoit que ce point lumineux au milieu d'une nuit profonde. Il ignore, il ne peut signaler à son maître l'ébranlement des forces russes, qui peu à peu se répandent et coulent dans les provinces occidentales. Avant la fin de l'année, sans qu'aucun avis ait donné l'éveil, Alexandre espère avoir sur pied, prêts à entrer successivement en ligne et tournés vers l'Occident, trois cent mille hommes, que renforceront au besoin quelques corps tirés de l'armée du Danube 557. Il sait que la France n'a pas cinquante mille soldats au delà du Rhin, mais cette disproportion d'effectifs ne l'engage qu'à plus d'ardeur pour se mettre le premier en mesure. Ses troupes rassemblées, attendra-t-il l'adversaire, afin de lui disputer le terrain pied à pied et de l'attirer dans les solitudes de l'intérieur? Au contraire, le préviendra-t-il, en se jetant sur le duché pour tendre la main à l'Allemagne révoltée? Il incline un peu plus à hasarder ce coup, s'occupe toujours du projet confié à Czartoryski, sans lui donner encore une forme arrêtée, et chez lui la volonté de se défendre n'exclut pas la velléité d'attaquer.

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