Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Il s'agissait de proposer, sur le terrain de l'Orient, un désarmement réciproque: la Russie n'exigerait plus comme condition préalable de sa paix avec les Turcs une rupture avec les Anglais; en retour, ceux-ci ne détourneraient plus la Porte de traiter: sans aspirer encore à une réconciliation totale avec nos ennemis, Alexandre cherchait à limiter, à circonscrire la lutte, et offrait une paix partielle. Par lettre spéciale, Roumiantsof chargea Schouvalof de diriger adroitement Pozzo sur Constantinople et de lui faire la leçon: «Je ne vois pour lui, disait-il, d'autre asile qu'à Constantinople sous l'égide de la mission britannique; ce n'est pas seulement le meilleur parti qu'il a à prendre; je trouve que c'est le seul. S'il prend ce parti, vous pouvez lui faire une confidence, mais encore comme venant de vous-même et ayant bien soin de ne pas compromettre le moins du monde le ministère de Sa Majesté: c'est que vous savez que la mission anglaise près la Porte ottomane fait tout ce qu'elle peut pour empêcher que les Turcs fassent la paix avec nous, et qu'elle se donne tout ce mouvement par une pure erreur, c'est-à-dire par la persuasion où elle est qu'une des conditions sans lesquelles nous ne ferons pas la paix, c'est que la Porte rompe avec l'Angleterre. Rien n'est plus faux. Sa Majesté se propose d'obtenir la paix sans se mêler d'aucune des relations que peut avoir la Porte avec les puissances étrangères 552.» En finissant, la dépêche insinuait que le cabinet de Londres, s'il était bien inspiré, favoriserait l'accommodement de la Russie avec les Turcs, car cette paix permettrait au Tsar de rendre à ses troupes du Danube une destination plus conforme aux intérêts de l'Angleterre, c'est-à-dire de les ramener dans le Nord, vers la Pologne, et peut-être d'y tenir en échec la puissance française.