Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Au milieu de ce débordement d'effusions, au milieu de ces manifestations significatives, le nom de la Russie, de l'alliée officielle et légitime, ne paraissait nulle part: elle semblait oubliée et comme dédaignée. Se tenant à l'écart et laissée à son lointain isolement, elle écoutait le bruit de fête qui venait jusqu'à elle, contemplait avec une curiosité peu sympathique ce déroulement de magnificences. «Vous touchez donc au dénouement, écrivait Caulaincourt à Talleyrand, pendant que nous regardons cela de loin avec nos lunettes 426.» Placé plus près du spectacle, l'envoyé de Russie à Vienne, le comte Schouvalof, notait de cet observatoire tous les incidents du voyage, ne s'épargnait point sur l'Impératrice les réflexions malveillantes, relevait ses traits de caractère, la hauteur et le ton impérial qui lui étaient subitement venus, la facilité avec laquelle, sur le désir de Napoléon, elle s'était séparée à Munich de la comtesse Lazanska, sa grande maîtresse et son amie; dans les plus petits détails, il découvrait «les indices d'un abandon complet de l'Autriche au système français 427». Enfin, il dénonçait un fait plus grave, alarmant entre tous: le comte de Metternich venait de partir lui-même pour Paris, où il assisterait à l'arrivée de l'Impératrice et séjournerait quelque temps; en quittant Vienne, il avait laissé l'intérim du ministère à son père, au prince de Metternich; mais cet homme d'État vieilli ne serait qu'un prête-nom, et son fils continuerait à diriger de loin la politique extérieure de l'empire. Avec lui, le cabinet de Vienne se transportait à Paris; ce ne pouvait être que pour y mettre la dernière main au pacte si redouté à Pétersbourg; le choix de l'archiduchesse avait marqué les accordailles de Napoléon avec l'Autriche; l'arrivée de Metternich à Paris, coïncidant avec celle de Marie-Louise, semblait avoir pour but de parfaire et de consommer l'union.