Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Le duc de Cadore ne transmit point les expressions de l'Empereur dans leur crudité brutale, il les atténua dans la forme, les mit au ton ordinaire des communications internationales, les enveloppa de phrases émollientes, de cette ouate diplomatique qui adoucit les aspérités et amortit les chocs 410. Au reste, Alexandre ne revint plus sur l'affaire du mariage et épargna à Caulaincourt la nécessité de rouvrir un débat pénible. De son côté, après ce premier éclat de sa colère, Napoléon s'apaisa ou au moins recommença à se contenir; encore une fois, il essaya de rassurer la Russie sur les effets du mariage. Au bruit public qui l'accusait d'avoir modifié l'orientation de sa politique, il crut devoir opposer un démenti formel, qui serait en même temps une réponse aux allusions inquiètes d'Alexandre et de Roumiantsof; il fit envoyer à tous ses agents et ordonna de communiquer à tous les gouvernements une circulaire destinée à les mettre en garde «contre les inductions qu'on aurait pu tirer d'un lien qui, n'étant pas une alliance politique, ne change rien à nos rapports avec les puissances amies et alliées de la France 411». C'était une nouvelle et implicite affirmation de l'accord avec la Russie; mais que pouvaient des assurances, des intentions même, si sincères qu'elles fussent, contre le progrès incessant et fatal de la désaffection? Six semaines à peine s'étaient écoulées depuis les fiançailles avec l'archiduchesse; en cet étroit espace de temps, que de chemin parcouru! Aujourd'hui, Napoléon entendait la Russie prononcer plus amèrement ses doutes, ses soupçons, émettre à tout propos des réflexions chagrines, et lui-même repoussait avec une violence indignée des reproches qu'il n'avait que partiellement mérités.