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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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Ces plaintes trouvèrent Napoléon tout entier aux préparatifs de ses noces. Il s'y livrait avec activité, avec ardeur, et ce rayonnant avenir lui faisait oublier les tristesses du divorce. Sa douleur toute méridionale, vive, exubérante et courte, avait cédé la place à une impatience allègre de connaître Marie-Louise et de lui prouver ses sentiments. Il voulait que l'archiduchesse trouvât à Paris un accueil magnifique et prévenant, que tout fût mis en œuvre pour la charmer, pour la rassurer, pour la mettre à l'aise, que la France eût pour elle des hommages et des sourires: lui-même cherchait à deviner et à prévenir ses moindres vœux, craignait de l'effrayer et désirait lui plaire 408. Il tenait aussi à ce que la cérémonie s'environnât d'une splendeur sans égale, et l'une de ses occupations était de convoquer sa cour de rois pour qu'elle fît cortège à la nouvelle épousée. Il avait enfin à répondre aux protestations enthousiastes que lui prodiguait de toutes parts le dévouement ou la servilité, aux adresses des États, des villes, des corps constitués, aux félicitations des souverains. Parmi ces derniers, ceux qu'il avait dépouillés et molestés rivalisaient d'empressement avec ceux qui tenaient de lui leur grandeur. Au milieu de ce concert d'adulations, le langage de la Russie retentit à son oreille comme la seule note aigre et discordante. Il en fut irrité: en particulier, il tressaillit sous l'inculpation d'avoir mené double jeu; ce reproche qui portait à faux dans une certaine mesure, puisque l'Empereur s'était gardé libre jusqu'à la fin de tout engagement avec l'Autriche, lui parut un outrage à son caractère et à sa puissance. Devant cette supposition offensante, tout ce qui s'amassait en lui, depuis trois mois, de colère concentrée contre Alexandre, fit explosion, et il fournit réponse à Caulaincourt en quelques lignes courroucées. En peu de mots, il refaisait l'histoire du mariage, sans s'écarter sensiblement de la vérité, mais, pour se mieux justifier, accusait et accablait la Russie.

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