Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Les Russes, on le sait, étaient nombreux et avaient été jusqu'alors fort influents à Vienne; ils tenaient dans la société le haut du pavé. Unanimement hostiles à la France, ils voyaient dans l'Autriche une fidèle et inébranlable alliée, le dernier refuge de leurs idées; sa défection les consterna. D'ailleurs, sous quelque point de vue qu'ils envisageassent le mariage, ils n'en attendaient pour leur pays qu'humiliations et dangers, et on les vit prendre le deuil, pour ainsi dire, au milieu de l'allégresse générale. Le comte Schouvalof, leur ambassadeur, parut terrifié--le mot est de Metternich 398; moins politique que son maître, moins diplomate que son gouvernement, il ne sut pas cacher son impression et ne vint point comme ses collègues porter son compliment à l'ambassade de France. Dans les salons russes de Vienne, l'avis du mariage fut accueilli comme celui d'un malheur public et d'un désastre national: «La première nouvelle, écrivait le comte Otto, étant arrivée à un bal donné dans une maison russe, les violons ont cessé de suite, et beaucoup de gens se sont retirés avant le souper 399.»