Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
Reading edition
Vingt-quatre heures ne s'étaient pas écoulées depuis le premier avis, que notre ambassade était assiégée de visiteurs. Tour à tour les membres du gouvernement venaient protester de leurs sentiments et faire amende honorable: un d'eux avouait ingénument que l'Autriche, malheureuse dans la carrière des combats, devait s'en tenir désormais à son antique devise: Felix Austria nube. Au dehors, «tout le monde se félicitait, l'ivresse était générale 396». La ville avait retrouvé son air de fête; dans les lieux de plaisir et de réunion, l'affluence était énorme, et les Viennois, reprenant l'usage de s'assembler dans les salles de concert et de bal, autour des orchestres, célébraient par des toasts et des festins le joyeux événement. Les têtes s'échauffant, l'ambition renaissant avec la fortune, ils se plaisaient à tirer du mariage des conséquences glorieuses. Ils y avaient trouvé tout d'abord un gage de paix, ils y voyaient aujourd'hui un signe de relèvement; ils ne doutaient plus que le conquérant n'associât désormais l'Autriche à ses entreprises et ne lui en fît partager le profit; ils se promettaient les bienfaits de son amitié, longtemps enviés à d'autres, et se vantaient publiquement d'avoir ravi à la Russie, par un coup de maître, l'alliance de Napoléon 397.