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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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Dans les classes élevées, au contraire, la tendance vers l'Autriche se transforma en un empressement enthousiaste et actif, dès que l'Empereur eut parlé. Le 9 février au soir, on s'étouffait chez le prince de Schwartzenberg, qui avait ouvert ses salons: chacun voulait lui porter ses hommages, et se faisait aussi un malicieux plaisir d'assister à l'entrée de l'ambassadeur russe, d'observer sa contenance, de voir comment il prendrait la nouvelle. Mal instruite des responsabilités respectives, la société n'admettait pas que le Tsar ou sa mère se fussent refusés de parti pris à une faveur universellement enviée; elle pensait qu'il y avait eu concours entre l'Autriche et la Russie, que celle-ci, par de maladroites lenteurs, s'était laissé prévenir et distancer par une rivale plus alerte, qui avait su consentir plus vite qu'elle et y mettre moins de façons, et beaucoup de personnes jouissaient à l'avance de sa déconvenue. Kourakine ne s'étant point montré, retenu par sa maladie, nul ne prit au sérieux ce motif trop réel, et tout le monde de croire à l'une de ces indispositions diplomatiques qui s'offrent comme une ressource commode aux ambassadeurs dans l'embarras 392. Quant aux membres de l'ambassade autrichienne, leur «jubilation 393» était manifeste, triomphante, et se communiquait à tous les Allemands de Paris. Parmi ces derniers, les plus sagaces ne se gênaient point pour annoncer comme inévitable un conflit dans le Nord, avec la puissance éconduite, engageaient leurs gouvernements à tenir compte de cette donnée et à la faire entrer dans tous leurs calculs: M. de Dalberg écrivait à Metternich: «Ce dont vous pouvez être sûr, c'est qu'en moins de cinq mois nous sommes en froid avec la Russie et en moins de dix-huit mois en guerre avec elle 394.» Fait plus significatif encore, la colonie polonaise exultait; en novembre et décembre, le retour marqué de Napoléon à l'alliance de Tilsit l'avait jetée dans la désolation: aujourd'hui, elle jugeait que le revirement de la politique impériale lui rendait le droit d'espérer; cette guerre aux extrémités de l'Europe que d'autres se contentaient de présager, les Polonais l'escomptaient déjà et bruyamment à leur profit, y voyant le gage de leur libération nationale; dans le mariage avec Marie-Louise, ils applaudissaient à l'exclusion de la Russie plus encore qu'au choix de l'Autriche 395.

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