Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Il était trop maître de lui, à la vérité, il avait trop de fierté pour manifester son dépit; son attitude fut correcte, empressée même, et il sut une fois de plus mettre les formes de son côté. Il voulut que ses félicitations parvinssent à Paris avant toutes autres; son premier soin fut de désigner l'un de ses ministres, le prince Alexis Kourakine, frère de l'ambassadeur, pour les porter à titre d'envoyé extraordinaire. Il l'expédia de suite, en toute hâte, lui laissant à peine le temps de faire ses préparatifs de voyage 389. Seulement, dans ses entretiens avec Caulaincourt, il ne cacha point que l'Empereur aurait pu agir avec plus de délicatesse et d'égards. La précipitation avec laquelle la France s'était engagée à Vienne, alors que la négociation avait été si vivement entamée à Pétersbourg et durait encore, eût risqué d'exposer la Russie aux pires humiliations, si celle-ci n'avait eu l'esprit de se mettre à couvert; c'était donc un bonheur que l'Impératrice mère eût fait opposition et surtout que son fils lui eût caché nos demandes; l'événement justifiait avec éclat cette marche prudente. «Il est cependant heureux, disait Alexandre, que l'âge de ma sœur nous ait arrêtés ici. Si je ne m'étais pas borné à parler du mariage en mon nom et comme d'une chose où vous n'étiez pour rien, quel effet cela aurait-il produit? Où en serions-nous, si j'eusse eu moins de circonspection vis-à-vis de ma mère, si j'eusse moins respecté ses droits? Quels reproches n'aurais-je pas aussi à vous adresser? Les retards dont vous vous plaigniez alors n'étaient donc que de la sagesse 390.»