Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Pour gagner du temps et se dérober, les prétextes ne manquaient jamais à son imagination fertile. Il les tire maintenant de ses occupations privées, met à profit sa situation de nouveau marié. En pleine félicité conjugale, doit-on s'étonner qu'il n'ait point l'esprit à la politique, que ses ministres éprouvent quelque peine à le saisir, à l'aborder, à obtenir de lui une décision? Convenablement stylé, Champagny raconte à Kourakine que, «n'ayant que très rarement travaillé avec Sa Majesté depuis son mariage», il ignore son opinion sur le contre-projet 471. Il écrit en Russie que «la manière exclusive dont l'Empereur s'est occupé de l'Impératrice depuis son mariage» a forcément retardé l'expédition des affaires 472. S'il est recommandé à notre ambassadeur de laisser peu d'espoir que Sa Majesté adopte jamais la rédaction réclamée, si des arguments lui sont fournis pour justifier cette opposition, M. de Caulaincourt n'aura plus à insister sur la substitution de la phrase française à la phrase russe, ce qui entraînerait nécessairement la conclusion du traité. La pensée du maître à cette heure se révèle dans ces mots d'une dépêche, écrite par Champagny au duc de Vicence le 30 avril: «Combien il serait à désirer que vous puissiez trouver un biais propre à satisfaire la Russie! La convention que je vous ai envoyée était un sacrifice de l'Empereur dont il verrait avec plaisir qu'on le dispensât, et si l'empereur de Russie, n'attachant aucune importance à celle qu'on lui a présentée, arrivait à l'idée de ne pas faire de convention, l'Empereur le verrait avec plaisir: cependant, Sa Majesté ne voudrait pas que le mécontentement de la Russie fût le résultat de cette négociation.»