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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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S'il se livrait de la sorte à un interlocuteur qui l'observait de sang-froid et devait exploiter contre lui ses moindres paroles, ce n'était pas seulement que la bonne grâce de l'Autriche le mettait en veine d'expansion et de confidence; il prenait goût à la personne du comte et à sa conversation. Il se défendait mal d'un certain faible pour les hommes de grand nom et de hautes manières, lorsque l'illustration de l'origine s'accompagnait en eux d'intelligence et de talent; témoin Talleyrand, qu'il avait écrasé de ses reproches sans le disgracier complètement, qu'il consultait toujours, qu'il méprisait et n'arrivait point à haïr. Ces personnages d'ancien régime, chez lesquels l'aisance donnait l'illusion de la dignité, le reposaient de l'universelle platitude et des grossières adulations que lui prodiguait la foule prosternée: eux, du moins, réussissaient à lui présenter un encens plus léger. Metternich le contredisait juste assez pour donner plus de saveur à ses témoignages d'admiration; il n'admettait pas d'emblée toutes les idées émises par l'Empereur, en combattait quelques-unes, puis feignait de s'y rallier et de se laisser convaincre, par un comble d'habileté et de bien joué. Chez lui, la flatterie prenait des formes raffinées, s'assaisonnait d'esprit, se parait de grâce, se faisait discrète et délicate; il était de ceux qui savaient «passer la main dans la crinière du lion 469».

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