Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Malgré cette disposition persistante à poursuivre un arrangement, Napoléon demeure sous une impression de méfiance plus prononcée. Puisque la Russie s'opiniâtre à réclamer d'aussi abusives sûretés, le temps n'est-il pas venu d'augmenter contre elle nos garanties? Dans cette guerre à outrance déclarée à l'idée polonaise, Napoléon flaire une menace pour le grand-duché et sent le besoin de mieux préserver ce poste placé à l'extrémité de notre système stratégique, en pointe et en l'air. D'autres puissances, situées à côté ou en arrière du duché, ne peuvent-elles devenir ses points d'appui? En ménageant un triple accord entre la principauté varsovienne, la Suède et le Danemark, notre politique amènerait ces trois États à se soutenir et à s'épauler l'un l'autre. Napoléon fait dire très mystérieusement à Copenhague: «Un intérêt commun peut déterminer la Suède, le Danemark et le duché de Varsovie à s'unir par un lien secret entièrement éventuel qui pourrait être garanti par la France: il n'aurait pour objet que la conservation de ces trois puissances...» C'est un premier retour au système antirusse de l'ancienne monarchie, dont l'un des traits était de grouper les États secondaires du Nord en confédération défensive contre leur redoutable voisine. Il est vrai que la tentative prescrite, destinée d'ailleurs à ne pas aboutir, ne devait s'opérer qu'avec une extrême circonspection. Napoléon juge essentiel d'affirmer qu'il tient encore à la Russie; s'il veut s'assurer contre une défection possible de cette puissance, il n'entend nullement la provoquer, et l'instruction envoyée à Copenhague contient ces judicieuses paroles, qui portent malheureusement condamnation de l'un et l'autre empereur, sous la plume de l'un d'eux: «Aucune alliance ne peut être plus durable que celle qui nous unit à la Russie, parce qu'elle est fondée sur des intérêts réciproques. Elle n'a à craindre que cette influence des passions des hommes qui trop souvent leur fait négliger le calcul de leurs véritables intérêts 466.»