Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Ici, Metternich crut devoir placer d'abord une profession de foi hautement pacifique: cette déclaration de principes n'engageait à rien et ne pouvait que mettre en confiance. L'Autriche, dit-il, n'avait d'autre désir que de faire régner partout la concorde et l'harmonie; il érigea son maître «en apôtre de cette belle cause 458». Seulement, il eut soin presque aussitôt de signaler le point noir à l'horizon et de le rendre bien visible. Sachant que l'émoi causé à Pétersbourg allait croissant et se traduisait par une agitation sourde, il fit allusion à cette attitude, en ayant l'air de la déplorer: «Comme le comble de nos vœux, dit-il, est la paix et la tranquillité, il ne peut pas entrer dans nos vues que la Russie se compromette.»--«Qu'entendez-vous par se compromettre?» demanda l'Empereur.--«La Russie n'agit que par la peur, répondit Metternich: elle craint la France, elle va craindre nos rapports avec cette dernière puissance, et d'inquiétude en inquiétude elle va se remuer 459.» C'était pronostiquer, avec une rare sûreté de coup d'œil, la conduite future d'Alexandre; il semble que Metternich ait eu l'intuition des démarches équivoques auxquelles ce monarque se décidait dans le moment même; avant de les connaître, il les devinait et les dénonçait à l'Empereur.