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Napoléon et Alexandre Ier (2/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)

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S'il s'était rendu en France, c'était d'abord afin d'y guider les premiers pas de l'Impératrice, de faire en sorte qu'elle charmât et réussît. Il emploierait en même temps son séjour à terminer quelques affaires intéressant son pays, à obtenir que certaines clauses du dernier traité de paix fussent adoucies ou moins rigoureusement interprétées: c'étaient là les menus profits à retirer du mariage. Enfin,--et tel était le principal mobile auquel il avait obéi,--il était curieux d'observer Napoléon au lendemain de sa nouvelle union, de voir jusqu'à quel point ce grand acte avait modifié son humeur et les allures de sa politique, de découvrir quels projets fermentaient dans ce cerveau «volcanique 457» et comment le suprême dispensateur des événements s'apprêtait à en régler le cours. Trop perspicace pour croire que le mariage mettrait fin à la crise déchaînée sur l'Europe, il tâcherait d'en prévoir les futures péripéties, afin que l'Autriche eût le temps de s'y composer un rôle et d'y chercher son profit. Sans faire son idéal politique d'une liaison permanente et stable entre les deux empires, conservant l'inébranlable espoir de s'associer un jour à la revanche européenne contre Napoléon et de le trahir opportunément, il considérait que cette époque appelée par tant de vœux était aujourd'hui fort éloignée. Dans les temps douloureux que l'on traversait, l'Autriche ne pouvait aspirer qu'à vivre, à vivre le moins mal possible, et le seul moyen pour elle de sauvegarder son existence, d'échapper à de nouvelles atteintes, de s'assurer même quelques avantages, n'était-il point de se rendre utile ou tout au moins plaisante à l'homme redoutable qui pouvait la briser? Metternich estimait donc que son gouvernement devait adopter pour principe, dans toutes les complications à venir, de se prêter aux vues de l'Empereur et même de les servir, s'il le fallait absolument, sauf à déterminer plus tard, d'après les données qui seraient recueillies pendant le voyage, dans quelle mesure, sous quelle forme et à quel moment. S'étant proposé pour but de reconnaître le terrain, il comptait aussi le préparer. Dès à présent, il jugeait bon de cultiver l'amitié du vainqueur, d'insinuer l'Autriche dans ses bonnes grâces, en un mot de créer entre les deux cours une intimité susceptible au besoin de se transformer en alliance.

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