Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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C'est qu'en effet la négociation avec la France, quoique fort compromise, n'était pas rompue. Le cabinet de Pétersbourg restait saisi d'une proposition ferme, sur laquelle il avait à statuer; il demeurait en présence du traité de garantie modifié par Napoléon, mais toujours offert et sanctionné d'avance. Il est vrai que sans l'article premier, sans cette phrase si cruelle dans sa concision: «La Pologne ne sera jamais rétablie», Alexandre considérait l'acte tout entier comme dénué de signification et de portée. Mais ne pourrait-on, en insistant avec fermeté, en faisant quelques concessions sur les autres articles, obtenir de Napoléon qu'il revînt sur son refus et adoptât la formule qui dispenserait de s'aventurer dans l'inconnu? Le chancelier Roumiantsof, en particulier, se rattachait à l'espoir d'imposer à l'Empereur un accord qui permettrait de maintenir l'alliance. En dehors de ce parti, tout n'était à ses yeux que chimères et dangers. Formé à l'école de Catherine, imbu de ses inexorables principes, Roumiantsof n'admettait point de transaction avec l'inconsistante Pologne, la jugeait incapable de reprendre une existence normale 448, ne voyait en elle qu'un élément de désordre, et aspirait à supprimer radicalement le péril que son maître songeait à détourner. D'autre part, il n'était pas éloigné de croire que Napoléon, préoccupé avant tout de sa guerre contre les Anglais, s'inclinerait devant une mise en demeure énergiquement maintenue; il estimait que la Russie avait péché trop souvent par défaut de virilité et de résolution, qu'elle devait à la fin montrer du nerf, s'armer d'inflexibilité, s'entêter dans ses exigences; à force de les reproduire, elle finirait sans doute par les faire triompher. Alexandre, qui connaissait les principes de son ministre et n'avait pas jugé à propos de le mettre dans la confidence de ses entretiens avec Czartoryski, le laissait persévérer dans cette voie et consentit à y rentrer avec lui, tout en se réservant, le cas échéant, de se jeter personnellement et mystérieusement dans une autre.