Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Ce plan, que le prince eût salué avec transport en d'autres temps, le laissait maintenant incertain et troublé. Quelles que fussent sa répulsion pour Bonaparte et la force de ses liens avec Alexandre, son patriotisme commençait d'hésiter entre Pétersbourg et Varsovie. Aujourd'hui que le salut pour la Pologne semblait venir d'Occident, un de ses enfants pouvait-il sans crime jeter à la traverse d'autres combinaisons? En se prêtant aux vues du Tsar, ne s'exposerait-il pas à déchirer son pays de ses mains, à le diviser en camps ennemis, à le replonger dans la guerre intestine, à entraver par une entreprise parricide l'œuvre de la régénération nationale? Puis, Alexandre était-il sincère? Ce retour de sympathie partait-il d'un sentiment élevé et durable? Au contraire, fallait-il y voir l'effet momentané des circonstances, l'attribuer exclusivement aux craintes inspirées par Napoléon, et qu'un mot, un sourire dissiperait peut-être? Czartoryski avait trop expérimenté le caractère à la fois changeant et dissimulé de son interlocuteur pour lui rendre cette confiance qui avait fait le charme de leurs premières relations; aujourd'hui, il se tenait constamment en garde contre une défaillance ou une arrière-pensée: «L'empereur Alexandre, écrivait-il un jour, a habitué tous ceux qui l'entourent à chercher, dans toutes ses résolutions, des motifs différents de ceux qu'il met en avant 447.»