Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Quatre ans après, Alexandre était appelé au trône, après la catastrophe dont le souvenir devait à jamais désoler sa conscience. Investi du pouvoir, il se trouvait aux prises avec la réalité; il avait à compter avec les intérêts engagés, avec les traditions de son État, n'osait s'affranchir brusquement de ces liens pour suivre son rêve transcendant, et se résignait à régner comme ses prédécesseurs, tout en pensant autrement qu'eux. Son intimité avec Czartoryski, qui n'avait plus cessé depuis leur première entrevue, n'en subsistait pas moins; il avait appelé le prince dans le conseil secret où s'élaboraient des ébauches de réforme et des essais de libéralisme. Parfois le nom de la Pologne revenait sur ses lèvres, «mais ce n'était plus de la même manière 441». S'il promettait d'améliorer le sort des provinces annexées, s'il accordait des réparations individuelles, l'idée d'une Pologne autonome, prenant place dans l'empire comme un élément distinct et doué de vie, s'affaiblissait, s'obscurcissait en lui. Il traitait ce projet de chimère et pourtant disait l'aimer toujours, le porter au fond de son cœur: combien regrettait-il le temps où il pouvait se livrer à cette généreuse utopie: «C'était une idée d'enfant, oh! mais divinement belle 442!»