Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Heureux de trouver à qui s'ouvrir, à qui se confier, Alexandre laisse éclater des sentiments qu'il a jusqu'alors renfermés et celés, car la surveillance dont il est l'objet lui a malheureusement donné l'habitude et le goût de dissimuler. Il avoue qu'il hait dans son cœur tout ce qu'il est contraint d'adorer publiquement; il s'insurge contre la raison d'État, contre les crimes qu'elle engendre ou glorifie, et se refuse à vénérer le despotisme bien ordonné dont Catherine lui présente l'imposante image. Il n'a de goût que pour les institutions libres: le mot de République exerce sur lui un mystique prestige. Partout, il est du parti des opprimés; ses sympathies vont à ceux qui luttent ou qui souffrent; il souhaite des succès à la République française, qu'il aperçoit au loin combattant les monarchies coalisées; mais c'est surtout le nom de la Pologne qui éveille en lui une immense pitié. Il plaint cette nation, il a admiré ses derniers efforts, il la voudrait heureuse et se promet d'en être un jour le consolateur.--À entendre ces mots, Czartoryski se sent bouleversé d'émotion et de joie; il remercie la Providence du miracle qu'elle a fait et la loue d'avoir placé ces aspirations dans le prince qui semblait appelé à continuer l'œuvre de fer et de sang. Tous deux bâtissent maintenant des projets dans les nuages de l'avenir, parlent de reconstituer la Pologne et de lui rendre une existence nationale, en l'unissant à la Russie par des liens fraternels, et dans l'adolescent au regard inspiré, aux traits ravissants, qui lui dit d'espérer, Czartoryski croit distinguer un être surhumain, suscité pour une mission réparatrice, et salue l'ange libérateur de sa patrie 440.