Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 3)
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Chez les Français que la carrière des armes ne tenait point dans une continuelle et sublime exaltation, un autre sentiment se faisait jour. S'ils gardaient à Joséphine un souvenir attendri, s'ils regrettaient la bonne impératrice, ils pardonnaient à Marie-Louise, parce qu'ils voyaient en elle un gage de paix, un signe de réconciliation entre la France et l'Europe. Les mots de concorde et d'union, partout répétés, créaient pour un instant l'illusion de l'universelle quiétude, suspendaient les angoisses d'une population qui avait cru à la continuité fatale des combats, lui faisaient oublier ses souffrances, l'empêchaient d'entendre le sourd grondement du canon qui continuait au loin, derrière les Pyrénées, et signalait la prolongation de la guerre inexpiable. L'admiration et le dévouement pour l'Empereur, gravement troublés depuis deux ans, cherchaient à se ressaisir; on voulait espérer, sans y réussir toujours, qu'il se reposerait enfin dans sa prospérité et dans sa gloire, que la satisfaction de ses plus intimes désirs ferait le soulagement de ses peuples: «Voici la plus belle époque du règne, écrivait un fidèle serviteur; puisse-t-elle lui donner le bonheur et à nous de l'avenir 437!» Et ce vœu, qui n'osait s'affirmer comme une certitude, se retrouvait au fond de millions d'âmes françaises. La nation avait trop souvent ressenti les joies enivrantes de la conquête pour les chercher encore et s'y complaire; elle célébrait l'union avec Marie-Louise comme une promesse de réparation et de stabilité, comme l'aurore d'une ère plus clémente, comme une victoire sur la guerre.