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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Sa médiation fut envisagée par Napoléon avec défaveur; il avait compris que le congrès rapprocherait nos adversaires et préparerait entre eux de nouveaux accords: ce serait la coalition délibérante, en attendant qu'elle redevînt agissante. Toutefois, fidèle à son principe de ne jamais repousser une offre pacifique, désireux d'ailleurs de ne fournir à l'Autriche aucun prétexte de rupture, il accepta les propositions de cette cour, dès qu'elles eurent été clairement formulées. Il prescrivit seulement à Talleyrand de gagner du temps et de traîner en longueur les discussions préalables. Surtout, il entendait rester maître de l'instant où les hostilités seraient suspendues, et ne se décider à cet égard que d'après les circonstances: en mars, après Eylau, il avait paru désirer un armistice; en mai, sa tendance était de l'ajourner 61. À ce moment, Dantzig succombait; la Vistule, définitivement dégagée d'ennemis, assurait notre base d'opérations; le printemps approchait, réchauffait le sol glacé de la Pologne, rendait aux armées la liberté de se mouvoir, et Napoléon espérait, avant que l'Europe se fût assemblée en congrès, imposer une solution à la pointe de l'épée, surprendre à l'un des belligérants une paix suivie d'alliance, et trancher le nœud de la coalition sans lui laisser le temps de se resserrer. Nourrissant avec plus de force, à mesure que les dispositions de l'Autriche devenaient plus équivoques, l'idée d'un rapprochement avec la Russie, il comptait qu'une grande victoire en ferait surgir l'occasion et, finissant momentanément la querelle, provoquerait chez l'ennemi une défaillance dont notre politique saurait profiter.

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