Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Cependant, avant de donner suite à un projet hasardeux, problématique, présentement irréalisable, Napoléon voulut voir si la combinaison recherchée depuis six mois avait perdu toute chance de succès. Une dernière fois, il se retourna vers l'Autriche, la mit en demeure de parler net et de se prononcer. C'était quelques semaines après Eylau: la Grande Armée se refaisait, nos approvisionnements étaient assurés; en France, la conscription se levait, deux armées de réserve étaient en voie de formation; en Italie, quatre-vingt mille hommes, qui seraient quatre-vingt-dix mille au printemps, se massaient sur l'Adige, prêts à passer la frontière au premier signal, et cette situation, qui nous donnait barre sur l'Autriche, permettait à l'Empereur de lui tenir un langage d'une impérieuse franchise. Il ne déguisa rien, laissa voir le travail qui s'opérait en lui et présenta la question telle qu'il se la posait à lui-même; il écrivit à Talleyrand: «La tranquillité de l'Europe ne sera stable que lorsque la France et l'Autriche, ou la France et la Russie, marcheront ensemble. Je l'ai proposé plusieurs fois à l'Autriche, je le lui propose encore. Vous pouvez dire à M. de Vincent que vous êtes autorisé à signer tout traité éventuel sur ces bases 54.» Que l'on se décide donc à Vienne et que l'on ne se méprenne point sur la solennité de l'instant; il s'agit d'une dernière ouverture; l'Empereur est résolu, si l'on se dérobe encore, à se pourvoir ailleurs et à chercher parmi ses ennemis mêmes son allié de demain.