Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Ne saurait-on leur remontrer qu'il n'existait entre les deux empires aucune divergence essentielle d'intérêts, que seules les nécessités de la lutte nous avaient conduits à attaquer directement la Russie, à l'inquiéter sur ses frontières, à ranimer ses ennemis, que la Pologne et la Turquie ne présentaient pour nous qu'une utilité relative et perdraient leur prix à nos yeux dès que la Russie aurait consenti à les remplacer avec un incontestable surcroît d'avantages dans notre système d'alliances? Le préjugé du Tsar résisterait-il à ce langage, à une explication cordiale et de bonne foi? En agissant personnellement sur ce prince, Napoléon ne saurait-il le ramener, le changer, et, s'emparant de cet esprit malléable, le marquer à une autre empreinte? En somme, il inclinait à essayer de l'alliance russe, sans cesser de la considérer comme une aventure, et son nouveau penchant, en même temps que son doute, se trahit et se résume dans cette phrase écrite à Talleyrand, le 14 mars: «Je suis d'opinion qu'une alliance avec la Russie serait très avantageuse, si ce n'était pas une chose fantasque, et qu'il y eût quelque fond à faire sur cette cour 49.»