Note (retour) — ALEXANDRE Ier
Reading edition
M. de Vincent, envoyé par l'Autriche en porte-parole et en observateur, était arrivé à Varsovie le 8 janvier 1807, muni d'une lettre amicale et vague de son maître pour l'empereur Napoléon. Celui-ci l'accueillit bien, traita avec lui les différentes questions en cause, annonça l'intention de rendre au roi de Prusse tous ses États, sauf les provinces situées sur la rive gauche de l'Elbe, de ne point restaurer la Pologne, puis, allant au point principal, parla de l'Orient, du péril que faisaient courir de ce côté à l'empire des Habsbourg l'ambition, le progrès constant de la Russie, le pouvoir d'attraction qu'elle exerçait sur ses coreligionnaires du Levant: «Un jour viendra, dit-il, où je paraîtrai devant Vienne avec cent mille hommes pour défendre cette capitale contre l'invasion des Russes 39.» En attendant, il ne s'opposait point à ce que l'Autriche prît ses sûretés et sauvegardât ses intérêts. Le baron de Vincent ayant prononcé le nom de la Serbie et de Belgrade, la réponse fut que l'on verrait sans déplaisir l'Autriche mettre la main sur cette position d'importance majeure; seulement, comme il y avait lieu de ménager encore les susceptibilités ottomanes, il ne fallait point qu'elle s'établît officiellement à Belgrade; elle pourrait s'y glisser subrepticement, déguisant ses soldats en Turcs ou en Serbes 40. À la lettre de l'empereur François, Napoléon répondit par une autre où il était dit «que la puissance russe, non fondée sur une armée plus ou moins forte, mais sur une influence bien prononcée à l'égard des Grecs, devait un jour resserrer les liens entre l'Autriche et la France 41».