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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Avec une éloquence plus sobre, le rapport du ministre reprend et développe la même pensée: Napoléon y tient indirectement un langage qui étonne de sa part. Il reprend et s'approprie, pour les besoins de sa cause, cette politique conservatrice que la monarchie à son déclin a eu l'honneur de formuler, et que son action défaillante n'a su faire prévaloir. Impérieusement, à la face du monde, il répète ce que les agents secrets de Louis XV murmuraient à l'oreille des puissances, ce que leur disaient Louis XVI et Vergennes; le conquérant affirme aujourd'hui la nécessité de maintenir les droits acquis, les souverainetés existantes, de refréner les ambitions perturbatrices. Avec une haute raison, il montre dans le partage de la Pologne, dans cette première atteinte au droit public, le principe et la source des maux qui affligent l'Europe; la destruction de la Turquie, si on la laisse s'accomplir, préparera de plus grandes calamités; c'est pour sauver cet empire, dont la préservation est d'intérêt général, pour le rétablir dans son intégrité et son indépendance, que la France verse aujourd'hui son sang, combat à trois cents lieues de ses frontières: l'Europe doit reconnaître en elle le champion de sa cause et le défenseur de ses droits 37.

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