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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Napoléon possédait un homme que son nom et ses traditions de famille rattachaient à l'ancienne France et qui, cependant, avait donné au nouveau régime les preuves d'un dévouement sans réserve; c'était son grand écuyer, le général de division de Caulaincourt. Esprit distingué, cœur généreux et droit, Caulaincourt portait à l'Empereur un attachement chevaleresque, l'avait servi avec honneur dans différentes missions, dont l'une l'avait déjà conduit en Russie, et plus tard, à l'heure des épreuves, devait se grandir encore par cette fidélité au malheur qui est le privilège des âmes nobles. En même temps, ce galant homme se souvenait de ses origines, aimait à les rappeler par son langage, sa tenue, ses manières; ses goûts naturellement relevés le portaient vers l'élégance et le luxe; il recherchait l'atmosphère des cours, et aucune gloire ne pouvait lui être plus sensible que celle de réconcilier la France impériale avec l'une des aristocraties de la vieille Europe. Napoléon jugea que nul personnage de sa cour ou de son état-major n'était mieux propre à remplir, non seulement avec dignité, mais avec éclat, le premier poste de la diplomatie française. «J'envoie décidément Caulaincourt 199»; ce fut en ces termes qu'il annonça son choix à Savary le 1er novembre 1807. Quelques jours après, M. de Caulaincourt, malgré ses vives résistances, était désigné d'autorité pour aller à Pétersbourg, avec le titre d'ambassadeur extraordinaire, 800,000 francs de traitement, 250,000 francs pour frais d'installation, un personnel choisi de secrétaires et d'attachés, l'ordre de faire grand en toutes choses, de déployer un faste dominateur et d'entreprendre la conquête mondaine de la Russie.

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