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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Ces premières informations ne satisfirent Napoléon qu'imparfaitement. Il attendait un tableau, et on lui envoyait une série de croquis. Il demanda à Savary des observations plus complètes et surtout plus profondes; jetant un regard interrogateur sur le lointain et obscur empire du Nord, il se demandait si la réunion de seigneurs groupés autour du trône composait à elle seule toute la nation pensante et agissante, si cette Russie mondaine n'en masquait pas une autre, moins attachée à ses préjugés, où notre influence pourrait trouver son point d'appui. «Veuillez faire connaître, ordonnait-il d'écrire à Savary, s'il existe une autre société, plus loin du trône, mais plus près du peuple 185.» À cette question, Savary pouvait répondre hardiment, comme il le fit, par la négative. À part un groupe de marchands, la Russie ne possédait point de classe moyenne; la noblesse reposait directement sur le peuple, masse en apparence inerte, inacessible à toute influence du dehors et où rien ne se distinguait des forces internes qui sommeillaient dans son sein. C'était l'aristocratie seule qu'il importait de connaître, afin de se mettre en mesure de la combattre ou de la rallier, et c'était elle que Savary s'obstinait avec raison à vouloir pénétrer et observer.

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