Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Ce n'est point d'ailleurs parmi les Russes qu'il faut chercher les meneurs de la société. «Le corps diplomatique, dit Savary, la régente à son gré; il en dirige l'esprit et les plaisirs.» Or, le corps diplomatique est la citadelle de l'opposition. Les ambassadeurs d'Angleterre et d'Autriche mènent campagne contre nous; les agents des autres cours agissent sous leurs ordres, et ceux mêmes des États que Napoléon croit avoir enchaînés à sa politique, nous sont ouvertement ou perfidement hostiles. Il y a plus: on voit à Pétersbourg des ombres de diplomates, représentant des fantômes d'États, certains envoyés de souverains détrônés par Napoléon, se faire écouter et rendre des oracles. Des figures d'un autre âge, comme le vieux duc de Serra Capriola, ambassadeur de Naples depuis trente-cinq ans 184, tiennent en échec l'envoyé du vainqueur de l'Europe; qu'est-ce donc quand parmi ces ministres de rois in partibus se trouvent des adversaires d'un mérite redoutable? «On rencontre ici, dit Savary, un comte de Meister (Joseph de Maistre) qui prétend toujours être ministre de Sardaigne. C'est un homme d'esprit et un habitué de la maison de l'ambassadeur d'Autriche et de celui d'Angleterre. Il serait peut être mieux à Mittau qu'ici, s'il s'obstine à vouloir être ambassadeur du roi de Cagliari.»