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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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L'intervention du prince eut quelque effet. «Les visages ont pris un air plus riant, écrivait Savary, quelques portes se sont ouvertes. 182» Au bout d'un mois et demi de quarantaine, il fut reçu dans certaines maisons, s'y trouva avec des Russes haut placés, put les observer, et, le 23 septembre, une première note, après une sommaire et franche constatation des tendances hostiles de la société, transmettait une suite d'appréciations sur quelques personnages en vue 183. Savary s'est rencontré avec le prince Adam Czartoryski, de réputation européenne, chargé des affaires étrangères avant Austerlitz, «aujourd'hui sénateur et membre du Conseil; on ajoute dans le public: ami de l'empereur. Il a une conduite inexplicable, a l'air de ne se mêler de rien, et l'opinion le place presque partout. On ne sait ce qu'il veut; il voit peu de monde...» Et Savary ajoute, en marge, cette note qui surprend: «Je l'ai trouvé fort au-dessous de sa réputation. C'est un homme de l'opinion duquel on doit peu se soucier.» Jadis, le prince formait avec MM. Kotchoubey, Strogonof et Novossiltsof le conseil intime de l'empereur, ce que l'on appelait le Comité de salut public; que sont devenus les autres membres de ce cénacle? Kotchoubey est ministre de l'intérieur, mais sa position est ébranlée; Novossiltsof reste à craindre; toujours ami de l'empereur, il est libéral à l'anglaise et ne rêve que d'importer en Russie les institutions britanniques: «il en est ridicule», ajoute Savary. Parmi les meilleurs officiers de l'empereur, le prince Lobanof, désigné pour le portefeuille de la guerre, est à nous; l'amiral Tchitchagof, ministre de la marine, «est un jeune homme instruit dans sa partie; il n'est ni Anglais ni Français; c'est un bon Russe»; le comte Roumiantsof, ministre du commerce, et le général de Budberg, ministre des affaires étrangères, paraissent acquis à la France, avec la différence qui sépare un partisan de la veille d'un ami du lendemain. En arrière de ces ministres de premier plan, dans le groupe de portraits esquissés par Savary, apparaissent vaguement les titulaires des autres portefeuilles, figures effacées, et à l'écart se tient le héros de la dernière campagne, le prince Bagration, «homme sombre, ambitieux et n'aimant pas les Français».

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