Note (retour) — ALEXANDRE Ier
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Il tient aux Polonais un langage bienveillant, mais énigmatique, déclare qu'il n'a jamais reconnu le partage, mais que la Pologne ne peut attendre son salut que de la Providence et d'elle-même, qu'elle doit d'abord prouver sa vitalité en s'armant tout entière et en se signalant dans la lutte. Par moments, de vastes et ingénieux projets fermentent dans son esprit. Dès novembre, à Berlin, lorsqu'il offrait sincèrement à Frédéric-Guillaume une suspension d'armes et une réconciliation, il avait pris ses mesures pour que les provinces polonaises appartenant à ce prince, restant inoccupées pendant la trêve, pussent reprendre leur autonomie; il destinait ces pays, accrus peut-être de la Galicie, à former dans la monarchie prussienne restaurée l'élément prédominant; la Prusse, écartée du Rhin, repoussée même au delà de l'Elbe, mais fortifiée sur la Vistule, deviendrait plus slave qu'allemande; elle succéderait au rôle que notre ancienne politique réservait à la Pologne, et qui consistait à appuyer la Turquie au Nord, à former rempart contre la Russie; c'eût été appliquer à la Prusse le système recommandé par Talleyrand à l'égard de l'Autriche, la rejeter dans l'Est, la dépayser en quelque sorte, et lui faire changer de politique en même temps que d'intérêt. Frédéric-Guillaume repousse nos offres: Napoléon songe alors à se passer de lui, à le détrôner, à prononcer la déchéance de sa dynastie, et à placer sous un autre sceptre l'état germano-polonais qu'il est tenté de constituer. On a retrouvé le préambule du décret par lequel il eût annoncé au monde que la maison de Hohenzollern avait cessé de régner, et le motif principalement invoqué était «l'indispensable nécessité qu'entre le Rhin et la Vistule il existât une puissance inséparablement unie d'intérêts avec l'empire ottoman, qui fasse constamment cause commune avec lui, et contribue, dans le Nord, à sa défense, pendant que la France ira l'embrasser au sein même des provinces ottomanes 25».