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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Savary passa le Niémen avec une suite d'officiers et de secrétaires. Les Français traversèrent d'abord l'étroite bande de territoire prussien que n'avaient pas occupé nos armées, parlant haut, commandant en maîtres, menant grand tapage de vainqueurs. À la frontière de Russie, il leur en fallut rabattre. Pour commencer, on les assujettit à la formalité des passeports, bien que Savary eût pris soin de décliner toutes ses qualités 168. Lorsqu'il put continuer son chemin, il s'aperçut vite que la population russe nous considérait toujours en ennemis: partout des visages fermés ou malveillants, un mutisme impénétrable ou des paroles de haine. Obéissant à l'impulsion précédemment donnée, ignorant Tilsit, fonctionnaires et prêtres ne cessaient d'exciter contre nous le sentiment national et religieux. Comme Alexandre n'avait pas encore songé à révoquer l'ordre donné d'appeler la malédiction du ciel sur les Français, ennemis du Tsar, ennemis de Dieu, on continuait de prier officiellement dans toutes les églises pour notre extermination. À mesure que nos voyageurs approchaient de la capitale, l'hostilité prenait un caractère plus sensible, plus injurieux. Entré dans Pétersbourg, Savary eut quelque peine à s'y procurer un logement, personne ne se souciant de le recevoir et de l'héberger 169.

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