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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

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Après un rapide séjour à Dresde, Napoléon était revenu en France jouir de sa gloire et s'adonner pour quelques instants au gouvernement intérieur de ses États. Quelque occupé qu'il fût de ce soin, sa pensée se reportait souvent, et non sans inquiétude, vers le jeune monarque qui venait de disparaître dans les profondeurs de la Russie. Rendu à lui-même, Alexandre ne se laisserait-il pas ressaisir par des influences contraires à la France, et son amitié de fraîche date résisterait-elle à l'épreuve de la séparation? Afin de conserver sut lui l'ascendant nécessaire, Napoléon voulut qu'aucune solution de continuité n'intervînt dans leurs rapports. Le rétablissement des relations diplomatiques, l'envoi d'ambassades respectives, avait été décidé, mais cette opération exigeait quelque temps, des formalités. En attendant qu'elle fût accomplie, Napoléon résolut de détacher auprès d'Alexandre l'un de ses aides de camp et de l'accréditer à Pétersbourg en mission temporaire. Cet envoyé, dépourvu de tout caractère officiel, recommandé seulement par ses épaulettes d'officier général, prendrait peut-être dans l'intimité du Tsar une place à laquelle pouvait difficilement prétendre un ambassadeur qualifié, dont l'étiquette fixait rigoureusement et limitait les prérogatives. L'aide de camp choisi fut le général Savary, qui avait assisté à l'entrevue et s'était trouvé plusieurs fois en rapport avec Alexandre: un chargé d'affaires, M. de Lesseps, lui fut adjoint pour l'expédition des affaires. A titre d'introduction, Savary reçut une lettre de son maître pour le Tsar: «Je prie Votre Majesté, disait l'Empereur, de le recevoir avec cette bonté qui lui est particulière et d'ajouter une entière confiance à ce qu'il lui dira de ma part 166.»

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