← Table of contents
Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier

Reading edition

«La reine est là-haut», dit-il après avoir salué, comme s'il eût voulu marquer par ces paroles que sa visite était uniquement pour elle, et il s'engagea dans l'étroit et incommode escalier menant à l'appartement de la souveraine. «Que ne ferait-on pour atteindre un tel but», dit-il galamment quand la reine s'excusa de l'avoir obligé à cette ascension. Elle lui demanda comment il supportait le climat du Nord, puis, de suite, avec une hardiesse émue, aborda l'objet de son voyage, pleura les malheurs de la Prusse, cruellement punie d'avoir provoqué le dieu de la guerre, de s'être laissé aveugler par les souvenirs glorieux de Frédéric; elle s'efforçait de donner à la scène un caractère touchant, élevé, pathétique même: «on eût dit mademoiselle Duchesnois dans la tragédie 145», a dit irrévérencieusement l'Empereur. Lui, par contre, faisait de son mieux pour ramener l'entretien au ton du badinage; à cette lutte, il ne fut pas le plus fort,--c'est lui-même qui l'a reconnu. Il complimentait la reine sur sa toilette: «Est-ce du crêpe, de la gaze d'Italie?»--«Parlerons-nous de chiffons, répondit-elle, dans un moment aussi solennel?» Elle resta maîtresse de la conversation, exprima tout ce qu'elle voulait dire, demanda des restitutions en Westphalie, dans le Nord, surtout Magdebourg: «Vous demandez beaucoup, finit par dire l'Empereur, mais je vous promets d'y songer.» Et il la quitta sur cette parole d'espérance.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings