Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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À ses yeux, le véritable péril ne venait pas de Vienne, mais de la France, des arrière-pensées offensives et meurtrières qu'il prêtait à Napoléon envers l'Autriche. Dans les mesures de rigueur qu'on lui proposait, il voyait l'indice irrécusable de ces intentions, un moyen de démanteler une monarchie infortunée et de faire tomber ses défenses, pour l'accabler plus sûrement. Plus on insistait auprès de lui, plus cette idée s'enfonçait dans son esprit. En conséquence, il jugeait utile, indispensable, que l'Autriche, loin de se rendre à merci, demeurât puissamment armée, en possession de tous ses moyens, en posture assez respectable pour décourager la France de toute velléité d'agression. Quant à la Russie, elle devait, suivant lui, loin de se jeter prématurément de notre côté, s'enfermer dans une stricte impartialité et s'attacher le plus longtemps possible à ne point faire pencher la balance; il fallait que ni la France ni l'Autriche ne pussent compter sur sa complicité, dans le cas où l'une ou l'autre nourrirait des desseins contraires à la paix. Cette attitude maintiendrait entre les deux parties une certaine parité de situation et de moyens, les laisserait en présence, également armées, également imposantes, en mesure de se défendre, non d'attaquer, et de cet équilibre de leurs forces naîtrait leur commune immobilité. La France et l'Autriche se tenant ainsi mutuellement en respect, se paralysant l'une par l'autre, la paix continentale se prolongerait, et, d'autre part, la Russie aurait le loisir de poursuivre ses opérations sur le Danube, d'arracher à la Turquie ce que Napoléon lui avait livré de cet empire 561.