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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Cet avis fit sur l'Empereur un effet immédiat et profond. Son courroux s'exhala en termes acerbes. Il avait cru un instant que l'empereur d'Autriche se présenterait en personne à Erfurt: «Je comprends maintenant, disait-il, pourquoi l'empereur n'est pas venu: il est difficile à un souverain de mentir en face, il s'est remis de ce soin sur M. de Vincent 554.» Son émotion et sa fureur s'expliquent, car l'hostilité de l'Autriche, en se prononçant, le mettait définitivement en présence de la complication qu'il craignait le plus. L'Autriche cédant tout à fait aux inspirations de la peur et de la haine, s'abandonnant sur une pente fatale, une attaque de sa part redevenait très probable, sinon certaine. Or, une rupture avec elle, c'était l'ère des coalitions rouverte, la soumission de l'Espagne entravée, la paix du continent troublée à nouveau, la paix maritime indéfiniment retardée. Restait-il un moyen d'éviter cette épreuve, plus redoutable qu'aucune des précédentes? Pour la surmonter, le concours de la Russie nous était indispensable, mais ne pourrait-il nous l'épargner? L'Autriche résisterait-elle à une sommation commune des deux arbitres du monde l'invitant, sous peine d'écrasement immédiat, à rentrer dans le devoir? Pour obtenir cette démarche, Napoléon se résignait à accentuer ses concessions: il prononcerait plus expressément, s'il le fallait, le don des Principautés 555: en face d'une nécessité suprême, toute considération lui devenait secondaire. S'assurer l'assistance sans réserve d'Alexandre pour combattre l'Autriche, si celle-ci nous attaquait, pour la retenir, s'il en était encore temps, telle fut désormais la pensée dominante de l'Empereur à Erfurt, le but vers lequel se tendirent tous les ressorts de sa volonté.

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