← Table of contents
Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

Reading edition

Affichant une tranquillité superbe, une aisance parfaite dans ses rapports avec son allié, Napoléon n'en sent pas moins que des influences hostiles lui disputent Alexandre; il découvre en lui des soupçons, des arrière-pensées, le trouve «différent de ce qu'il était à Tilsit». Il s'en est plaint à Caulaincourt, dès qu'il a revu cet ambassadeur, et lui a demandé le pourquoi de ce changement. Très courageusement, Caulaincourt lui a exposé que chacun se croit menacé, et que la Russie commence à partager les appréhensions générales. «Quel projet me croit-on donc?--Celui de dominer seul.--On me croit donc de l'ambition?» reprend l'Empereur avec un sourire; «mais la France est assez grande, que puis-je désirer? ...Ce sont sans doute ces affaires d'Espagne.» Et sentant là l'irréparable faute, comme s'il éprouvait le besoin de se justifier devant les autres et devant lui-même, il reprend la question, refait à Caulaincourt le récit des entrevues de Bayonne, affirme que la force des choses l'a entraîné, que se fier à Ferdinand eût été livrer l'Espagne à nos ennemis, l'ouvrir aux Anglais, séparer de la France cette alliée naturelle: «Ai-je eu tort? C'est ce que le temps prouvera; agir autrement, c'eût été relever les Pyrénées: la France, l'histoire me l'eussent reproché»; au reste, la Russie est mal fondée à lui faire un crime d'avoir disposé d'un peuple; n'a-t-elle point dans son histoire le partage de la Pologne? Et plongeant dans la pensée d'Alexandre et de ses conseillers, il ajoute: «Cela m'occupe loin d'eux; voilà ce qu'il leur faut, ils en sont donc enchantés 547.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings