Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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À ces apprêts publics s'ajoutaient de mystérieuses précautions. À Erfurt, comme partout en Allemagne, il y avait des mécontents; leur nombre grossissait chaque jour, et on les désignait sous le nom générique de Prussiens, car c'était vers la Prusse que se tournaient instinctivement leurs regards et leurs espérances. Il importait d'avoir l'oeil sur eux: il y aurait, pendant l'entrevue, un esprit public à surveiller, à diriger, et, dans ce but, la police impériale, dont le rôle grandissait sans cesse dans le gouvernement, avait mis sur pied toutes ses réserves. Paris avait envoyé un service complet, un autre fut organisé sur place, recruté dans le pays 533. On le composa d'agents de toute sorte, publics et secrets, patentés ou officieux. Des observateurs notaient les mal pensants, s'enquéraient de leurs mouvements, se glissaient dans toutes les réunions, écoutaient ce qui se disait dans les cercles particuliers, dans les cafés, dans les «casinos». Et chaque jour leur tâche devenait plus lourde, car la population d'Erfurt doublait, triplait à vue d'oeil. Les vingt auberges de la ville étaient assiégées, les maisons particulières envahies. À toute heure, c'étaient de nouvelles arrivées: hier, un groupe de diplomates, précédant leurs maîtres; aujourd'hui, la Comédie française, appelée par levée en masse, au nombre de trente-deux sujets; puis des curieux, des fonctionnaires en congé, des joueurs de profession, des oisifs venus des eaux d'Allemagne, de Carlsbad et de Toeplitz, de tous ces lieux de plaisir et de conversation que Metternich appelait «les cafés de l'Europe 534»; enfin, au milieu de cette foule bourdonnante et confuse, des personnages à sensation, des grands seigneurs de toute provenance, des maréchaux d'Empire, des princes souverains, des rois.