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Napoléon et Alexandre Ier (1/3)

Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)

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Ce projet, quelque incertitude qu'il laissât sur l'avenir, ne répondait plus aux désirs présents de l'Empereur. S'il comptait encore faire miroiter aux yeux d'Alexandre la perspective du partage, ce ne serait plus que dans un lointain et brumeux recul; il n'entendait plus s'obliger même éventuellement à cette opération, se lier par un article de traité. À cet égard, il semble que ses entretiens avec Sébastiani aient mûri sa décision. S'il faut en croire un auteur bien informé des choses du palais 518, Sébastiani aurait été appelé à des conférences qui se seraient répétées trois jours de suite. Au début, Napoléon s'y serait montré toujours favorable au principe du partage: il reconnaissait que la difficulté principale venait de l'Autriche, s'irritait de cet obstacle, parlait de le briser, de ne laisser subsister sur les ruines de l'ancienne Europe que deux empires, deux colosses, France et Russie, environnés chacun de royaumes vassaux. Puis, descendant de ces cimes vertigineuses, il revenait à l'examen pratique du projet, dans l'état des choses. Sébastiani lui opposait alors des considérations techniques, des arguments de militaire à militaire. Suivant lui, pour frapper la Turquie, la France serait obligée d'allonger au delà de toute mesure sa ligne d'opérations, par suite, de l'amincir et de la distendre. Projetée «de Paris à Athènes 519», traversant l'Italie, contournant l'Adriatique, s'enfonçant dans les obscures contrées de l'Albanie et de la Grèce, cette ligne se trouverait resserrée et étranglée à son milieu entre la mer et l'Autriche, toujours en risque d'être coupée, à la merci d'une surprise, d'un caprice déloyal que les dispositions passées et présentes de la cour de Vienne laissaient trop pressentir. L'Empereur aurait été frappé de cette objection et l'eût déclarée irréfutable; se rejetant alors avec vivacité vers une autre solution, il eût exprimé l'espoir et la conviction de tout obtenir d'Alexandre par le seul sacrifice des Principautés.

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