Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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À Erfurt, Talleyrand avait triomphé de Napoléon: son système avait prévalu contre celui de l'Empereur. Revenu à Paris, il n'a rien de plus pressé que d'annoncer cette victoire à M. de Metternich et de s'en attribuer le mérite; s'il s'est borné jusqu'alors à détourner notre allié de s'abandonner sans réserve, il se met maintenant en intimes communications avec la puissance qui arme contre nous, qui se prépare à nous assaillir; il va jusqu'au bout dans la voie de la défection et passe à l'ennemi. Il livre à Metternich le secret du désaccord survenu entre les deux empereurs, et ses impressions sur le résultat des conférences se résument dans cette phrase décisive: «Alexandre n'est plus entraînable contre vous 650.» Il va plus loin, il exprime l'espoir d'un rapprochement intime entre l'Autriche et la Russie: «Depuis la bataille d'Austerlitz, dit-il, les rapports d'Alexandre avec l'Autriche n'ont point été plus favorables. Il ne dépendra que de vous et de votre ambassadeur à Pétersbourg de renouer avec la Russie des relations aussi intimes que celles qui existèrent avant cette époque: c'est cette réunion seule qui peut sauver les restes de l'indépendance de l'Europe 651.»