Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Dans une série de verbeux développements, il établit en principe que le partage est susceptible des conséquences les plus funestes. Est-il possible de l'éviter? Pour lutter contre l'Angleterre, usurpatrice des mers, les deux grandes puissances du continent, France et Russie, ont été conduites à adopter un système parallèle et infini d'agrandissements; la Turquie, placée sur la voie qu'elles doivent suivre pour frapper leur ennemie dans l'Inde, est aujourd'hui le premier État qui doive éprouver les effets de cette obligation d'envahir. La Turquie est donc condamnée à succomber. M. d'Hauterive émet toutefois le vœu que le partage puisse être admis «à l'état de simple projet exécutable seulement dans de meilleures circonstances 517». Joignant à son mémoire l'ébauche d'une convention préliminaire, il y indique à grands traits un mode très simple et sommaire à employer ultérieurement pour la fixation des parts. La péninsule des Balkans serait coupée en deux, d'après une ligne tracée du nord au sud, en suivant un degré de longitude depuis Nicopolis, sur le Danube, jusqu'au point correspondant sur la mer Égée. Toutes les parties à l'est de cette ligne, y compris Constantinople et les Dardanelles, seraient abandonnées à la Russie, la moitié occidentale se partagerait entre la France et l'Autriche, la première se réservant de fixer le lot de la seconde et s'appropriant, dans tous les cas, l'Égypte et les Îles. D'Hauterive propose enfin que le plan de partage, arrêté pour l'avenir et à titre éventuel, soit notifié à l'Angleterre «comme un acte comminatoire, destiné à une exécution immédiate, s'il ne produit pas sur elle l'effet de vaincre l'obstination de son gouvernement à refuser à l'Europe et au monde la paix dont l'un et l'autre ont besoin».