Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Examinant de sang-froid la situation, il en tirait d'abord cette conséquence que toute tentative sur l'Orient devait être ajournée jusqu'après l'entière soumission de la péninsule. Cette œuvre remplirait l'automne de 1808: pour en finir avec l'Espagne, Napoléon se donnait trois mois. Suivant ses calculs, ce laps lui suffirait pour balayer les armées de la révolte, jeter les Anglais à la mer, arriver à Madrid en conquérant, y paraître en pacificateur, et achever par des mesures conciliatrices ce que la victoire aurait commencé: «Avant le mois de janvier, écrivait-il à Joseph, dans toute l'Espagne, il n'y aura pas un seul village en insurrection 505.» Il comptait donc, au début de 1809, retrouver la pleine disposition de ses forces; peut-être pourrait-il alors, si l'Angleterre ne s'avouait pas vaincue, ramener ses colonnes des bords de l'Èbre et du Tage sur ceux de l'Adriatique, de la mer Ionienne, et, après avoir frappé notre rivale en Espagne, l'achever en Orient. Toutefois, avant de dresser un plan d'opérations pour le présent et pour l'avenir, avant de se déterminer sur la nature des arrangements à prendre avec la Russie, il était indispensable de voir plus clair dans les dispositions de l'Autriche. Sans doute, le cabinet de Vienne n'ayant pas saisi l'occasion de nos revers pour rompre, son ambassadeur à Paris tenant un langage correct, la Russie ayant parlé, le conflit ne semblait plus aussi imminent. Néanmoins, la France pourrait-elle sans témérité détourner la meilleure partie de ses forces contre l'Espagne, si elle n'acquérait d'abord la certitude qu'un autre ennemi ne choisirait pas cet instant pour l'attaquer perfidement par derrière? Quant à l'entreprise ultérieure sur l'Orient, l'attitude prise à Vienne y mettait un obstacle plus sérieux que la révolte de la péninsule elle-même: l'Espagne n'occasionnait qu'un retard, l'Autriche pouvait devenir un empêchement. Napoléon se reconnaissait donc un intérêt pressant à pénétrer cette dernière, à savoir au juste ce qu'il devait en craindre ou pourrait en attendre, et l'un des motifs qui avaient précipité son retour à Paris était le désir d'entamer avec elle une explication catégorique; se mettant brusquement en scène, il allait s'adresser à la cour de Vienne dans la personne de son représentant, et, tout en s'appliquant de plus belle à l'intimider et à la contenir, tenter un effort pour la rassurer et la ramener.