Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Attendant l'effet de ces insinuations, attendant surtout que l'Autriche ait pris parti sur la reconnaissance de Joseph et répondu formellement à une demande dont le but était de l'éprouver autant que de la lier, il enveloppait toujours ses projets d'un nuage impénétrable. Par moments, il semble encore croire que de multiples et plus décisives opérations peuvent suivre de très près sa pointe au delà des Pyrénées: «Il est incalculable, écrit-il à son frère Jérôme, ce qui peut se passer d'ici au mois d'avril 513.» Autour de lui, tout s'épuise; les ressorts tendus à l'excès se relâchent, les dévouements hésitent, les intérêts prennent l'alarme, le mécontentement se fait jour, la France haletante aspire au repos et le réclame par un murmure déjà perceptible; lui seul reste infatigable, inexorable, car il sait que le repos doit être universel pour devenir durable, que la France ne peut prétendre à la paix tant que l'Angleterre reste en armes. Il s'efforce donc de ranimer chez ses peuples une ardeur qu'il sent défaillir. En ces mois d'août et de septembre 1808, il offre en spectacle à la France une série de pompes guerrières. Les colonnes de la Grande Armée, rappelées du Nord au Midi, traversent l'empire pour se rendre en Espagne. Napoléon veut que cette marche soit un triomphe, que l'on célèbre rétrospectivement les victoires des années précédentes, dont on n'a pas encore revu et acclamé tous les auteurs; que nos bataillons appauvris, mais toujours allègres et confiants, trouvent sur leur passage des arcs de verdure, des banquets, des villes pavoisées, des populations en fête, que des hymnes soient composés en leur honneur, que l'enthousiasme refroidi se réchauffe à leur contact. Il les reçoit lui-même à Paris, les passe en revue, les harangue, et ses paroles semblent leur annoncer, au delà de l'Espagne qui les attend, de nouvelles peines à affronter et d'autres palmes à cueillir, peut-être, en des contrées où l'aigle française n'a jamais pénétré: «Soldats, leur dit-il, vous avez surpassé la renommée des armées modernes, mais avez-vous égalé la gloire des armées de Rome, qui, dans une même campagne, triomphaient sur le Rhin et sur l'Euphrate, en Illyrie et sur le Tage? Une longue paix, une prospérité durable seront le prix de vos travaux. Un vrai Français ne peut, ne doit prendre de repos que les mers ne soient ouvertes et affranchies 514.»