Note (retour) — ALEXANDRE Ier (continued 4)
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Dans sa conduite, une pensée politique éclate. Depuis quelque temps, il s'apercevait qu'un sentiment nouveau et puissant, celui de la nationalité, s'éveillait en Allemagne, par nous, mais contre nous, au contact de nos idées, mais en haine de notre domination: découvrant en lui un adversaire redoutable, il essayait de l'apaiser et de le désarmer. À ce moment même, il mettait un soin tardif, mais remarquable, à ménager les populations germaniques et à adoucir leurs souffrances 575; il voulut en même temps honorer et se concilier l'esprit allemand dans la personne de ses plus illustres représentants, et ce fut ainsi qu'il laissa interpréter officiellement son accueil aux deux poètes. Dans le récit des fêtes publié sous les auspices de la cour de Weimar, nous lisons, à propos de la bienveillance témoignée à Goethe et à Wieland: «Le héros du siècle donna par là la preuve qu'il tient à la nation dont il est le protecteur, qu'il estime sa littérature et sa langue, qui forment son lien national 576.» Ajoutons que ces témoignages ne coûtaient pas à l'orgueil de Napoléon; il appréciait à leur juste valeur les forces intellectuelles, les traitait parfois en ennemies, les proscrivait durement, mais ne les méconnaissait point, et ne crut jamais déroger en traitant de puissance à puissance avec les rois de l'esprit.