CHAPITRE XXV. 1658-1668. (continued 2)
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CHAPITRE X.
Page 125, ligne 16: D'un vieux bourgeois nommé le Boccage, propriétaire d'un domaine.
D'après le nom du personnage, il est évident que ce domaine était celui de Lagrange au Bocage, à quatre lieues et demie de Sens et à quatre lieues au nord-est de la commanderie de Launay, nommée Lanny, par erreur du graveur, sur la carte de Cassini. Il y a un court article sur cette commanderie dans le grand Dictionnaire de la France d'Expilly.
Page 125, ligne 27: Et, de plus, millionnaire.
Bussy dit qu'elle avait quatre cent mille écus de bien, c'est-à-dire deux millions quatre cent mille livres, monnaie de cette époque. C'est près de cinq millions de notre monnaie actuelle.
Page 127, ligne 26: Qu'ils restaient toujours impunis.
Le père du comte de Chavagnac, despote altier, voulait, comme ancien chef huguenot, forcer son fils à épouser la veuve d'un M. de Montbrun, fille de Courval, et très-riche héritière. Il la fit enlever, au nom de son fils, par quinze gentils-hommes de ses amis ou vassaux. Elle était vieille et laide, et sans esprit; elle voulut réclamer, intenter un procès, et protester contre un mariage fruit de la force: celui qu'on voulait lui faire épouser ne désirait pas plus qu'elle-même ce mariage. Chavagnac parvint à contraindre son fils, aussi bien que la veuve, en menaçant de se porter contre tous deux à de plus grandes violences; et le mariage fut maintenu.
Page 129, note 1: L'abbé de Choisy, Vie de Madame de Miramion.
L'édition in-12 de la Vie de madame de Miramion (1707) n'est que la réimpression de l'in-4o, accompagnée d'un beau portrait de cette dame, par Edelinck, qui a été réduit par le même graveur dans l'édition in-12.
Page 132, ligne 26: Grand-père du mari qu'elle avait perdu.
Ce M. de Choisy, conseiller d'État, était un des frères du père de l'abbé de Choisy, l'auteur des Mémoires, puisqu'il est dit page 19 de la Vie de madame de Miramion, que lui, abbé de Choisy, était cousin germain de madame de Miramion, c'est-à-dire de son mari.
Page 133, ligne 23: Sur la route qui conduit de Saint-Cloud au mont Valérien.
Bussy désigne très-exactement l'emplacement où se trouvait posée sa petite troupe. C'était «au-dessus du jardin de madame du Tillet, que Philippe de France acheta pour agrandir le sien.» Ainsi, cet emplacement doit être actuellement renfermé dans le parc de Saint-Cloud.
Page 134, ligne 9: Avant d'entrer dans le bois de Boulogne.
C'est ainsi que s'exprime Bussy; ce qui prouve que dès lors la route directe de Saint-Cloud à Issy, qui oblige de passer deux fois la rivière, était déjà pratiquée, et qu'il y avait un bac vis-à-vis le Point du Jour.
Page 138, ligne 3: Un chevalier de Malte.
Il est probable que ce chevalier était Guy de Rabutin, le dernier des frères suivants de Bussy, qui mourut au Temple, un an après cet enlèvement de madame de Miramion.
CHAPITRE XI.
Page 150, ligne 8 du texte: Au nord de Montargis.
L'abbaye de Ferrières se trouve à peu de distance de la jonction du Loing avec une petite rivière nommée Cléry. Il est dit dans la Gallia Christiana, t. XII, p. 160: «Ferrariæ a ferri venis, e quibus elicitum olim metallum, nomen videntur invenisse; Ferrariæ positus est locus in Wastiniensi pago (le Gâtinais), ad Clarisam amnem, in Lupum (le Loing) influentem; tribus admodum leucis ab urbe Montis Argivi.»
Page 151, ligne 1: Dont il fut fait évêque.
Jacques de Nuchèze naquit en 1591, le 26 octobre, de Jacques Nuchèze, baron de Bussy-les-Francs, et de Marguerite Fremyot, sœur de sainte Chantal. Il fut nommé évêque comte de Châlons en 1624, et mourut en mai 1652, âgé de soixante-six ans et six mois, après avoir occupé trente-trois ans le siége de Châlons-sur-Saône, dont il fut le soixante-dix-neuvième évêque.
Page 154, ligne 13: La belle terre de Savigny-sur-Orges.
Conférez Le Bœuf, Histoire de Diocèse de Paris, t. XII, p. 70, et Monmerqué, Sévigné, t. II, p. 180. Cette terre de Savigny, qui avait appartenu au comte de Montrevel, devint la propriété du marquis de Vins, qui la possédait en 1708. Le comte du Luc, héritier de la marquise de Vins, a depuis eu cette terre, et y est décédé, en juillet 1740.
CHAPITRE XII.
Page 166, ligne 15: La reine est si bonne.
Ce mot est de La Feuillade, le père de celui qui fut à la cour de Louis XIV, et auquel nous devons la place des Victoires.
Page 180, ligne 28: Et le marquis de Sévigné.
Conrart dit: «Le marquis de Sévigné était étrangement frondeur, comme parent du coadjuteur.» Mais dans la phrase suivante Conrart a commis une erreur, que son savant éditeur, M. Monmerqué, a relevée.
Page 161, ligne 17.
Ce fut le 13 septembre que la reine se retira à Ruel. Ce château était celui que le cardinal de Richelieu avait laissé à sa nièce, la duchesse d'Aiguillon.
Page 181, ligne 19: Ramena la reine à Paris.
«La reine, dit madame de Motteville, partit de Saint-Germain pour revenir à Paris la veille de la Toussaint.»
CHAPITRE XIII.
Page 184, ligne 28: Au premier jour de l'an mil sept cent quarante-neuf.
Il faut corriger le second vers de cette petite pièce, et changer les mots de mil sept cent soixante-neuf en ceux de mil sept cent quarante-neuf, faute qui se trouve dans les œuvres de Marigny et dans le Recueil des plus belles Pièces des Poëtes français, chez de Sercy. Cela est démontré par le recueil de Sercy, où cette pièce a été imprimée pour la première fois, en 1653. On voit par là combien une seule faute d'impression peut jeter de confusion dans les recherches historiques, combien il est essentiel de toujours recourir aux éditions originales, et de se défier des réimpressions. Le mot franchise signifiait liberté à cette époque. Il y en a des exemples sans nombre.
Page 190, ligne 5: Le lendemain du jour qui suivit le départ de cette lettre.
L'attaque de Charenton eut lieu le 8 février. Le départ de Bussy de Saint-Denis eut lieu le 6 et non pas le 10, comme on a mis par faute d'impression dans les Mémoires de Bussy. Comme la lettre qu'il adressa à madame de Sévigné est antérieure d'un jour à ce départ, elle doit porter la date du 5 février, au lieu du 15. Ni le P. d'Avrigny, dans son ouvrage sur le règne de Louis XIV, ni aucun des éditeurs des lettres de madame de Sévigné, ne se sont aperçus de cette contradiction; tous ont reproduit les erreurs de chiffres que l'imprimeur ou les copistes ont introduites dans les Mémoires de Bussy.
Page 191, ligne 4: La lettre suivante pour madame de Sévigné.
Je rectifie encore ici les dates des lettres de Bussy, que les éditeurs de ses Mémoires et, par suite, ceux des Lettres de madame de Sévigné, ont altérées. En effet, au lieu des 25 et 26 mars pour ces deux lettres, il faut 5 et 6 mars. Nous savons, par les Mémoires de Monglat, t. L, p. 159, et d'Omer Talon, t. LXI, p. 424, que la ville de Brie-Comte-Robert fut pillée le 27 février, et que son château se rendit le 28. Bussy dit que cette expédition ne dura que huit jours, et qu'il écrivit à sa cousine, au sujet de ses chevaux, aussitôt après son retour; ce qui nous porte juste au 5 mars, le mois de février n'ayant que 28 jours. D'ailleurs, il parle, dans sa lettre, de la paix comme entravée par les négociations et n'étant pas encore conclue. S'il avait écrit le 26 mars, il n'aurait pas ignoré que cette paix était signée depuis quinze jours. Aucun des éditeurs de Madame de Sévigné n'a soupçonné cette erreur, et la correction doit être faite dans toutes les éditions.
Page 195, ligne 20: Les projets de mariage...
Pendant son voyage à Dijon, Bussy voulut épouser la fille du président B***; mais il prétend que L*** (probablement Lenet) fit manquer l'affaire.
CHAPITRE XIV.
Page 108, ligne 21: Telle était son intention; mais le soir même...
Bussy dit que cette conversation qu'il eut avec le prince de Condé eut lieu le mardi, et que l'arrestation des princes se fit le même jour; mais tous les Mémoires du temps placent au 18 cette arrestation. Il y a donc erreur de date dans Bussy. Ses Mémoires en renferment de plus fortes, et nous en avons signalé quelques-unes.
Page 203, ligne dernière: Son mariage projeté avec Louise de Rouville.
Louise de Rouville, que Bussy-Rabutin épousa en secondes noces, était fille du second lit de Jacques de Rouville (chevalier d'honneur de madame la duchesse de Montpensier) et d'Isabelle de Longueval.
CHAPITRE XV.
Page 214, ligne 21: Le poëte Marlet.
Guy-Patin le nomme Morlet. Sa satire était intitulée: la Custode du Lit de la Reine.
Page 220, note 1: Le Secret, ou les véritables causes, etc.
Cet écrit, peu connu, qui parut presque aussitôt après la sortie des princes, dévoile toutes les intrigues de la cour aussi complétement que l'ont fait les Mémoires que l'on a publiés depuis. On y trouve, page 45, la phrase latine que le coadjuteur improvisa dans une séance du parlement, comme étant une citation de Cicéron.
Page 221, ligne dernière: Sévigné, de race frondeuse.
Loret écrit Cevigny, et ailleurs Sevigny; c'est de cette dernière manière qu'on écrivait alors habituellement ce nom.
Page 221, lignes 20 et 21: Sa protectrice mademoiselle de Longueville.
Elle était fille du duc de Longueville et de Louise de Bourbon-Soissons, sa première femme. Formée à l'hôtel de Rambouillet, elle partagea sa vie entre la culture des lettres et l'administration de ses grands biens. Elle occupait à Paris, de moitié avec la princesse de Carignan, sa tante, ce magnifique hôtel de Soissons qui a été abattu, et que la halle aux blés a remplacé. Loret, liv. I, p. 9, nous apprend que la duchesse de Nemours était blonde. Le château de Trie, près de Coulommiers, lui appartenait. Elle mourut en 1707, à quatre-vingt-six ans. Saint-Simon raconte différemment des autres auteurs l'anecdote piquante du confesseur.
CHAPITRE XVI.
Page 225, note 3: Costar, Lettres.
Le premier recueil des Lettres de Costar, publié par Costar lui-même, est dédié à Fouquet. Dans sa préface, il parle «des faveurs continuelles dont il a eu la bonté de le prévenir.» Le vrai nom de Costar était Coustart. Voyez à ce sujet le Ménagiana et la lettre que Costar adressa à son cousin de Coustart, part. II, p. 773, lettre 23; et la Vie de Costar, t. VI, p. 233 des Historiettes de Tallemant des Réaux, édit. in-8o.
Page 225, ligne 18: Leur château de Champiré près Segré; et p. 226, ligne 1: Renaud de Sévigné.
Costar écrit Sévigny, comme tous ceux de son temps. Il reproche galamment à mademoiselle de Lavergue d'avoir la bouche trop petite.—Aucun livre n'est inutile: après avoir cherché Champiré dans le dictionnaire de la poste aux lettres et dans tous les dictionnaires de géographie de la France les plus amples, j'ai trouvé dans le Journal de la Mode, ou Revue du Monde élégant, quatrième année, douzième livraison, à la p. 32, dans la liste des souscripteurs pour ces deux filles héroïques, Marie Bossy et Charlotte Moreau, «le comte de Narcé, au château de Champiré, près Segré.» Nul doute que ce château ne soit celui qui a appartenu à Renaud de Sévigné.
Page 226, ligne 14: Qu'à la sérieuse et savante comtesse de La Fayette.
Auger et M. de Saint-Surin font naître madame de La Fayette en 1632; mais Grouvelle, dans son édition des Lettres de madame de Sévigné, l'auteur de la notice sur madame de La Fayette dans la Galerie Française, et celui de la Collection des meilleurs romans (Dauthereau, 1827, in-18), la font naître en 1633.
Page 228, ligne 26: Une satire intitulée la Mazarinade.
Le passage de Guy-Joly prouve que la Mazarinade fut écrite en 1649.
Page 229, ligne dernière: Mais à la mode du Marais.
Cette sœur de Scarron, qui fut maîtresse du marquis de Tresme, était fort belle. Scarron avait une autre sœur. Une des deux aimait le vin.
Page 230, ligne 3: Qui mourut dans le cours de l'année 1650.
Denon, conteur aimable, espiègle et spirituel, a fait à M. de Saint-Aulaire un récit sur Marion de Lorme, que l'historien de la Fronde a pris au sérieux, et qu'il a de bonne foi inséré dans son histoire, t. I, p. 58, et t. III, p. 51, parmi les pièces justificatives. Je parle de la première édition de cet ouvrage. On en a fait depuis une seconde: j'ignore si cette anecdote y a été reproduite.
Page 230, ligne 5: Afin de ne voir son mari ni dans ce monde ni dans l'autre.
Tallemant attribue ce mot à la comtesse de la Suze, et le Ménagiana à mademoiselle de Montausier.
Page 231, ligne 8: Un sujet bachique.
Le sujet de l'autre tableau était le ravissement de saint Paul.
CHAPITRE XVII.
Page 236, ligne 17: Anne de Lenclos a vécu près de quatre-vingt-dix ans.
Voltaire, qui était fils du notaire de mademoiselle de Lenclos, nous a conservé sur elle quelques anecdotes précieuses, mais plutôt d'après les souvenirs de l'abbé de Châteauneuf que d'après les siens propre; il a écrit avec légèreté, et n'a pas pris la peine, dans ce qu'il a dit de cette femme célèbre, de se mettre d'accord avec lui-même. Il ne lui fut présenté que peu de temps avant qu'elle mourût. Elle avait alors quatre-vingt-neuf ans, et lui onze et demi, et non treize, comme il le dit. Il donne, dans ses Mélanges, t. XLIII, édit. Renouard, p. 470, soixante-dix ans à Ninon lors de son aventure avec Châteauneuf; et dans le Dictionnaire philosophique, t. XXXV, p. 224, il ne lui en donne plus que soixante à cette même époque; il dit aussi, p. 125, qu'il a vu Ninon décrépite à l'âge de quatre-vingts ans; et il oublie que lorsque Ninon avait quatre-vingts ans, lui, Voltaire, n'avait que deux ans. A quatre-vingt-neuf ans elle sut apprécier dans le jeune Arouet le génie précoce d'un enfant de onze ans, puisqu'elle lui légua une assez forte somme pour acheter des livres. Bret a recueilli, sans choix et sans critique, tous les contes qu'il a trouvés épars dans les recueils d'ana. Douxmesnil a écrit avec plus de discernement, d'après les récits et les souvenirs de Fontenelle et de la comtesse de Sandwich, de l'abbé Fraguier et de l'abbé Gedoyn, qui tous cependant n'avaient connu Ninon que dans sa vieillesse. Tous ces ouvrages doivent être employés avec précaution. On trouve de meilleurs et de plus sûrs matériaux dans les Mémoires du temps écrits par les contemporains de Ninon, surtout dans les Mémoires de Tallemant des Réaux, qui étaient manuscrits lorsque nous en avons fait usage; ainsi que dans les œuvres de Saint-Évremond, dans les lettres de madame de Sévigné, de madame de Maintenon, et dans les Mémoires de Saint-Simon.
Page 239, ligne 1: Et qui n'engage à aucune reconnaissance.
Il est probable que l'abbé de Châteauneuf, qui tenait la doctrine de Ninon de sa propre bouche, l'a rendue dans les mêmes mots. Aussi nous n'y avons rien changé.
Page 239, ligne 2: Abandonnée à elle-même dès l'âge de quinze ans.
Elle perdit sa mère à quatorze ans, en 1630, et son père à quinze, en 1631.
Page 240, ligne 10.
Dans la pièce gracieuse, mais beaucoup trop longue, de la Mesnardière, que nous citons; intitulée: Galanterie à mademoiselle de Lenclos, le poëte lui dit:
Prenez soin de corriger Votre enfant Amour, qui m'outrage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pardonnez-moi si je le chasse: Mais que voulez-vous que j'en fasse? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mais, pour dormir en patience Et conserver quelque embonpoint, Ninon, que ne ferait-on point? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . J'observe............. Qu'il m'aime fort auprès de vous; Et pour moi, j'y voudrais bien être. Mais aussi je voudrais connaître Que sa maman n'aimât que moi; Et je doute fort que le roi Puisse avoir ce crédit en France.
Page 241, ligne 6: Un attrait inexprimable.
Au-devant des Mémoires de Bret sur Ninon est une réduction de son portrait peint par Ferdinand, et qui peut nous donner quelque idée de ses traits; mais son portrait de profil, que M. Renouard a inséré dans son édition de Voltaire, est tout à fait faux et imaginaire.
Page 244, ligne 5: Le gentil et spirituel Charleval.
Charleval mourut en 1693.
Page 244, ligne 10: Le marquis de Soyecourt, si fameux dans les annales de la galanterie.
C'est de Soyecourt (on prononçait Saucourt) que Benserade a dit, au sujet d'un ballet où il représentait un diable:
Contre ce fier démon voyez-vous aujourd'hui Femme qui tienne? Et toutes cependant sont contentes de lui, Jusqu'à la sienne.
Page 248, ligne 14: D'une manière peu honorable.
Tallemant dit que Lenclos se conduisit indignement dans le duel avec Chaban, et que son action pouvait passer pour un assassinat. Chaban avait un pied dans la portière de sa voiture lorsque Lenclos le perça de son épée.
Page 248, ligne 15: Lenclos jouait fort bien du luth.
C'est ce qui a fait dire que Ninon était fille d'un joueur de luth; mais Douxmesnil réfute cette erreur, mieux instruit à cet égard que Voltaire, qui la reproduit.
Page 249, lignes 3 et 5: Saint-Étienne fut le premier amant de Ninon.
Chocquart de Saint-Étienne, originaire d'Amiens, servit pendant vingt-cinq campagnes avec une valeur extraordinaire: d'abord comme chevau-léger, puis en qualité de maréchal des logis, d'aide-major, de cornette, de lieutenant et de capitaine dans les régiments de cavalerie de Bussy de Vère, Mérinville-Pardaillan et Plessis-Praslin. Louis XIV lui accorda des lettres de noblesse pour lui et ses descendants, le 19 septembre 1660.
Page 249, lignes dernières: Elle comptait au nombre de ses amis plusieurs créatures du cardinal.
Bois-Robert était très-lié avec Ninon, et on sait quelles étaient les mœurs de cet abbé. Tallemant raconte qu'un jour on faisait la guerre à Bois-Robert sur le vice honteux qu'on lui connaissait; il ne se défendit que faiblement, en disant: On ne doit pas parler de cela en présence de mademoiselle de Lenclos. (Voyez le Ménagiana, t. I, p. 45.)
Page 250, ligne 7: Ce fut Marion de Lorme, selon Chavagnac.
Dans les Mémoires de Chavagnac, les personnages ne sont pas nommés, et Marion de Lorme n'est désignée que par des astérisques. La troisième édition de ces Mémoires, 1721, in-12, n'est qu'une réimpression de la première, et a de même les noms en blanc. Dulaure, qui rapporte ce passage dans son Histoire de Paris, a mis les noms en toutes lettres, mais sans en prévenir ses lecteurs. Richelieu naquit le 5 septembre 1585. C'est dans les Mémoires de Chavagnac que Bret semble avoir puisé le fait que Richelieu fit de vaines tentatives auprès de Ninon.
Page 250, ligne 24: Raré, cet aimable garçon.
Saint-Simon fait mention d'une madame de Langle qui était fille de M. de Raré.
Page 251, ligne 8: Une circonstance peu importante.
Tallemant dit que la jeune Ninon, sévèrement surveillée par sa mère, ayant un jour aperçu Raré dans la rue, descendit en toute hâte de chez elle pour lui parler. Un mendiant vint troubler leur conversation. N'ayant point d'argent à lui donner, elle se hâta de lui remettre un mouchoir bordé d'une belle dentelle, en lui disant: «Va-t'en;» et elle se débarrassa ainsi de ce témoin importun.
Page 251, ligne 15: Elle alla se jeter dans un couvent, et annonça l'intention d'y rester.
Scarron confirme ceci, et, dans son épître à Sarrasin, dit:
Puis j'aurais su... Ce que l'on dit du bel et saint exemple Que la Ninon donne à tous les mondains, En se logeant avecques les nonains; Combien de pleurs la pauvre jouvencelle A répandus quand sa mère, sans elle, Cierges brûlant, et portant écussons, Prêtres chantant leurs funèbres chansons, Voulut aller, de linge enveloppée, Servir aux vers d'une franche lippée.
La fin de cette épître prouve qu'elle a été écrite trois jours après la mort de la mère de Ninon:
Fait à Paris, dessous ma cheminée, Par moi Scarron, carcasse décharnée, Trois jours après que les yeux furent clos Pour tout jamais à la mère Lenclos.
Page 252, ligne 11: De Bois-Dauphin (Souvré).
Madeleine de Souvré, femme de Philippe-Emmanuel de Laval, marquis de Sablé, seigneur de Bois-Dauphin, mourut en 1678.
Page 252, ligne 21: Coligny, marquis d'Andelot, depuis duc de Châtillon.
Gaspard, duc de Châtillon, marquis d'Andelot, mourut lieutenant général, le 9 février 1649, à l'attaque de Charenton. Il eut en 1641 le régiment de Piémont. Il paraît, en comparant les Mémoires de Chavagnac avec les autres récits, que Chavagnac a mal compris son frère, ou que ses souvenirs, en écrivant, l'ont trompé. Le frère de Chavagnac était l'ami intime de d'Andelot, et il paraît avoir aimé Marion de Lorme à la même époque où d'Andelot se passionna pour Ninon. C'est dans les Mémoires de Chavagnac qu'on trouve le récit le mieux circonstancié de la mort de Châtillon; Chavagnac se trouvait près de lui au moment fatal.
Page 254, ligne 3: A Châtillon succéda Miossens, depuis maréchal d'Albret.
Miossens ou Miossans est une des douze grandes baronnies du Béarn. Le nom de Miossens était Charles Amanien d'Albret. Il mourut en 1678; en lui s'éteignit la postérité masculine des Miossens.
Page 254, lignes 13 et 15: D'Elbène était connu par l'originalité de son esprit.
Guy d'Elbène fut marié à Charlotte Refuge, qui, dit-on, lui apporta en dot quatre-vingts procès. Elle mourut le 3 septembre 1680. En 1649 d'Elbène fut envoyé à Rome. (Voyez Retz, Mém., t. XLV, p. 56.) Guy d'Elbène mourut à l'hôpital. (Voyez la lettre de Ninon à Saint-Évremond, dans Douxmesnil, p. 194.) Un Alphonse d'Elbène, peut-être le frère de celui-ci, fut évêque d'Orléans en 1646, et mourut le 2 mai 1665. Il en est parlé dans le Voyage de Chapelle et Bachaumont, 1755, in-12.
Page 255, lignes 26 à 27: Ses liaisons avec le chevalier de Méré datent de cette époque.
George Brossin, chevalier et marquis de Méré, descendait d'une ancienne famille du Poitou. Il était cadet, et avait fait quelques campagnes sur mer. Il se retira dans une terre qu'il avait en Poitou. «La société de madame la marquise de Pont, sa belle-sœur, n'a pas peu contribué à le détacher du monde et de la cour. Il lui laissa tout son bien.»
Page 256, ligne 3: Le cardinal archevêque de Lyon lui rendit de fréquentes visites.
Le caractère sévère de du Plessis de Richelieu, son âge et sa piété bien connue, le mettent à l'abri de tout soupçon dans ses relations avec Ninon; voilà pourquoi j'ai dû interpréter favorablement ce passage assez singulier des Mémoires de Tallemant: «Elle se mit dans un couvent: le cardinal de Lyon devint amoureux de sa belle humeur, et fit quelques folies pour elle». Dans un autre endroit de ses Mémoires, Tallemant parle d'un abbé de Richelieu qui entretenait Claudine Colletet. Cet abbé était probablement neveu du cardinal et du ministre. Conférez Œuvres de La Fontaine, édit. 1828, t. VI, p. 270.
Page 259, lignes 1 et 2: Cette réponse à la reine, qui, selon Saint-Simon et Chavagnac.....
Douxmesnil (p. 154) a tort de vouloir faire considérer ce fait comme invraisemblable. Il est attesté par les meilleures autorités, par les hommes les mieux instruits sur ce qui concerne Ninon: Chavagnac, Tallemant des Réaux, Saint-Simon et Voltaire. Il se peut que sous Louis XV, en 1751, lorsque Douxmesnil écrivait, on s'inquiétât peu des liaisons amoureuses et de la conduite scandaleuse ou non des femmes nobles ou non nobles; mais il n'en était pas ainsi sous la régence d'Anne d'Autriche, ni même sous le règne de Louis XIV, qui plus tard, et lorsqu'il avait tant de motifs pour être indulgent sur cet article, obligea cependant mademoiselle de La Force à mettre un terme à son genre de vie peu réglé et à se retirer dans un couvent. Conférez l'Histoire de la Vie et des Ouvrages de La Fontaine, troisième édition, page 513.
Page 259, ligne 3: Qu'elle laissa Ninon en repos.
Chavagnac dit que la reine, en apprenant cette réponse, dit en riant: «Fi! la vilaine! qu'elle s'en aille où elle voudra. «Ceci est plus dans le caractère d'Anne d'Autriche que ce que dit Saint-Simon.
Page 259, ligne 20.
Voltaire attribue ce mot à Ninon même; mais le Ménagiana est une autorité antérieure et préférable. Le mot est meilleur dans la bouche d'un autre que dans celle de Ninon.
Pages 260, lignes 2 et 3: Émery vivait depuis longtemps avec la femme de Coulon.
Un de ces couplets, dans mon recueil manuscrit, se termine ainsi:
. . . . . . . . . . . . . . . . . . Ne t'étonne pas si Coulon Aime bien la fille Ninon, Car il a droit de représailles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Daye d'Andaye.
Dans mon exemplaire il y a cette note marginale. «Ninon est celle qu'on appelle aujourd'hui mademoiselle de Lenclos.» Cette note a été évidemment écrite dans la dernière époque de la vie de Ninon, et prouve ce que nous avons dit sur la manière de la désigner. Il a été fait de ces recueils manuscrits de chansons et de vaudevilles satiriques un grand nombre de copies. Il y en a dans diverses bibliothèques particulières, à la Bibliothèque du Roi, à la Bibliothèque Mazarine, et ailleurs. Il y a dans les Mémoires de Tallemant le récit d'une dispute entre Coulon et sa femme, en présence de madame de Tallemant, au sujet d'Émery, mais qui est trop ignoble pour pouvoir être rapportée.
Page 261, lignes 4 et 5: Il (d'Aubijoux) mourut le 9 novembre 1656.
François-Jacques d'Aubijoux était baron de Castelnau, de Bonnefons, de Sauveterre et de Casaubon. Sa famille descendait d'un frère du cardinal d'Amboise. Les vers du Voyage de Chapelle et Bachaumont dont nous parlons sont ceux qui commencent ainsi:
Sous ce berceau, qu'Amour exprès, etc.
La mort du comte d'Aubijoux, qui arriva en 1656, nous fait penser que ce voyage eut lieu en 1655. L'édition faite sur le meilleur manuscrit est celle de La Haye, 1732, chez Pierre Gosse. Saint-Marc, le seul qui ait exécuté sur cet auteur un travail d'éditeur, en fait l'aveu; mais il dit qu'il a connu trop tard cette édition pour pouvoir en faire usage. Toutes les éditions postérieures à celle de Saint-Marc ne sont que des réimpressions de la sienne. La plus mauvaise et la plus belle est celle de Lille, 1826, in-8o.
Page 263, ligne 11: D'un oculiste nommé Thévenin.
Tallemant nous apprend que madame Thévenin, la femme de l'oculiste, était la tante de M. Paget. (Tallemant, Historiettes, t. II, p. 232.)
CHAPITRE XVIII.
Page 265, note 2, et page 269, note 1: Bussy, Hist. am. des Gaules.
J'ai cité quatre éditions primitives de l'ouvrage de Bussy: la première ayant pour titre: Histoire amoureuse des Gaules; Liége, sans nom d'imprimeur, sans date, de 208 pages, petit in-12. Le morceau sur madame de Sévigné est pages 170-171. Le titre du livre porte des arabesques en triangle. Le titre de l'autre édition est pareil, porte aussi le nom de Liége, mais a une croix de Saint-André noire et pleine. Cette édition est faite avec des caractères elzéviriens, et sur plus beau papier que la précédente. Elle a deux paginations. Le morceau sur madame de Sévigné commence à la page 23, et se termine à la page 46 de la seconde pagination. Dans ces deux éditions les noms sont déguisés, et il y a une clef à la fin. Le cantique inséré page 236 de l'édition de 1754, qui commence ainsi,
Que Deodatus est heureux, etc.,
ne se trouve dans aucune des deux éditions primitives. Deux autres éditions portent la date de 1666; l'une, intitulée: Édit. nouvelle, a une clef; l'autre porte le nom de Bussy, et est, je crois, la première avec les noms réels insérés dans le texte. Une autre édition du même ouvrage, intitulée Histoire amoureuse de France, chez Adrian Moetjens, 1710, 2 vol. in-12, minces, a aussi les noms réels. Elle n'a point été connue de l'éditeur de 1754, qui a rétabli ces noms uniquement d'après la clef; mais cette clef ne les donne pas tous, de sorte que l'éditeur a laissé dans certains endroits des noms feints, dont les véritables étaient donnés par l'édition de 1710. Il y a dans cette édition de 1710 un frontispice gravé, qui paraît être de l'invention de Bussy, car il y a au bas: Bus. inv.—Rabut. excud. C'est peut-être la réduction d'un dessin du manuscrit original. Il représente une Renommée, à la trompette de laquelle est attaché un drapeau portant l'Histoire amoureuse des Gaules. Cette renommée s'envole au-dessus du globe de la terre, sur lequel on lit ces mots: la Gaule; un Amour dirige des flèches sur l'endroit où ce mot est écrit, et un groupe de petits Zéphyrs se précipite sur le même lieu. Dans cette édition de 1710 on trouve le cantique, mais à la fin, et avec d'autres vers de Bussy. Le volume est terminé par la lettre de Bussy au duc de Saint-Aignan, qui est placée en tête dans l'édition de 1754. Le morceau sur madame de Sévigné est aux pages 281-308. Cette édition de 1710 est presque entièrement conforme au manuscrit de l'Histoire amoureuse de France qui est dans la bibliothèque de l'Institut, no 220, in-4o, quoiqu'elle n'ait point été faite sur ce manuscrit, comme le prouvent des variantes importantes. Ce manuscrit commence par la relation des amours de la cour de Savoie, et ne contient ensuite que l'Histoire amoureuse de France.
CHAPITRE XIX.
Page 273, ligne 12: Il (Scarron) se décida à s'embarquer.
Une femme, nommée Céleste Palaiseau, devait accompagner Scarron dans ce voyage. C'était une fille bien née, qu'il avait séduite dans sa jeunesse. Elle s'était faite ensuite religieuse. Son couvent ayant été supprimé en raison des dettes qu'il avait contractées, Scarron l'avait reprise avec lui par commisération. (Conférez la note suivante.)
Page 274, ligue 12: Cependant la première embarcation pour la nouvelle colonie eut lieu.
La Martinière, dans la Vie de Scarron, t. I, p. 47, et madame Guizot, dans la Vie des Poëtes Français, t. I, p. 485, ont confondu les dates relatives à la formation de cette compagnie et au mariage de Scarron. Cette compagnie se forma en l'année 1651, et le mariage de Scarron ne se fit que l'année suivante. Nous mettrons ici les extraits des lettres de Scarron et de Loret relatifs à cette curieuse affaire.
«Je jurerais bien qu'arrivant à l'Amérique, où mon chien de destin me mène....» Lettre à la comtesse de Fiesque, dans les Œuvres de Scarron, t. I, p. 34.
«Mais mon chien de destin m'emmène dans un mois aux Indes occidentales; ou plutôt j'y suis poussé par une sorte de gens fâcheux qui se sont depuis peu élevés dans Paris, et qui se font appeler pousseurs de beaux sentiments. On ne demande plus parmi eux si on est honnête homme; on demande si on pousse de beaux sentiments. Voilà, notre cher ami, le plus spirituel de l'Europe, ce qui me fait fuir en Amérique. Je me suis donc mis pour mille écus dans la nouvelle compagnie des Indes, qui va faire une colonie à trois degrés de la ligne, sur les bords de l'Orillane et de l'Orénoque. Adieu, France; adieu, Paris; adieu, tigresses déguisées en anges; adieu, Ménage, Sarrazin, Marigny: je renonce aux vers burlesques, aux romans comiques et aux comédies, pour aller dans un pays où il n'y aura ni faux béats, ni filoux de dévotion, ni inquisition, ni hiver qui m'assassine, ni fluxion qui m'estropie, ni guerre qui me fasse mourir de faim.» Scarron, Œuvres, 1737, t. I, p. 41.
Madame Guizot regrettait de ne pas connaître la date de cette lettre de Scarron; on voit, par la gazette de Loret, liv. II, p. 14, lettre 4, en date du 22 janvier 1652, qu'elle a dû être écrite en décembre 1651:
Une prudente maréchale Dans l'Amérique occidentale Va, dit-on, planter le piquet: Non pas pour jouer au piquet, Ni planter des choux ni des raves, Mais pour, en trafiquant d'esclaves, Gagner bravement tous les ans Des cent cinquante mille francs; Ninon, la belle courtisane, Et le sieur d'Aubigny, dit-on, Parent du défunt roi breton.
Et liv. II, p. 179 (lettre en date du 31 décembre), Loret dit encore:
Monsieur Scarron, dit-on, se pique De transporter dans l'Amérique Son corps maigret, faible et menu, Quand le printemps sera venu; Et que l'aimable sœur Céleste, Qui pour l'esprit en a de reste, Doit être aussi, sans manquement, Comprise en cet embarquement.
Cet embarquement eut lieu un peu au-dessous de Paris, le 13 mai 1652, ainsi que nous l'apprend la gazette de Loret:
Hier samedi, chose certaine, Sur le beau fleuve de la Seine, S'embarquèrent dessous Paris, Tant veufs que garçons, que maris, Non point pour aller en Afrique Mais en un coin de l'Amérique, Des hommes jusques à sept cents, Sans y comprendre les absents; De plus, sept douzaines de filles, Pour établir là des familles, Et multiplier audit lieu, Selon l'ordonnance de Dieu. Loret, III, 57e lettre, du 10 mai 1652, p. 68.
Un abbé de Mariveau, qui était le chef principal de l'entreprise, se noya dans la Seine, près du Cours, en voulant sauter dans le bateau. (Cf. Raynal, Hist. des Établissements européens dans les deux Mondes, édit 1820, in-8o, t. VII, p. 44, et Ternaux-Compans, Notice hist. sur la Guyane française, 1843, in-8o, p. 50 à 59.)
Page 276, ligne 6: Ménage, qui n'aimait pas le marquis.
Tallemant rapporte que Ménage disait sans cesse à madame de Sévigné que son plus grand malheur était d'avoir épousé le marquis de Sévigné, et qu'il n'était personne qui, les connaissant tous deux, ne dit aussitôt: «Quel homme pour une telle femme!»
CHAPITRE XX.
Page 279, ligne 21: Un des fils Galland, avocat célèbre.
Il paraît que l'avocat Gondran est le même qui fut greffier du grand conseil, et dont Loret, dans l'endroit cité, fait un grand éloge comme royaliste, et comme homme charitable. Galland son père était peut-être celui auquel on doit un Traité sur le Franc-Alleu, cité par de Marca dans son Histoire de Béarn, p. 850, à l'errata.
Page 280, ligne 6: Avec La Roche-Giffard, gentil-homme breton.
Ce La Roche-Giffard prit le parti de la Fronde, et fut tué à l'attaque de la porte Saint-Antoine.
Page 281, ligne 5: Le jeune abbé d'Aumale.
L'abbé d'Aumale fut sacré archevêque de Reims sous le nom de Henri IV, en 1651. Il épousa Marie d'Orléans, fille unique du duc de Longueville, en 1657, et mourut le 5 janvier 1659.
CHAPITRE XXI.
Page 286, ligne dernière, et 287, ligne première: Il (le marquis de Sévigné) ne fut.
Conrart dit de Sévigné: «Quoiqu'il eût quelque esprit et qu'il fût bien fait de sa personne, on ne s'accommodait point de lui, et il passait presque partout pour un fâcheux.» Ceci a été écrit avant la comédie de Molière, et démontre que cette expression était en usage avant notre grand comique.
Page 289, ligne 24: Portaient ainsi un remède à la sédition.
Le prévôt des marchands et toute la cour, intimidés de la hardiesse et de l'insolence des séditieux, voulaient qu'Anne d'Autriche allât loger avec le roi à l'hôtel de ville; mais elle eut plus de courage et de tête que tout ce qui l'entourait, et comprit toute l'importance d'une telle démarche.
Page 292, ligne 11: Ce parti, proposé par de vils et ambitieux courtisans.
M. de Saint-Aulaire ne parle qu'obscurément de ce projet, et semble l'attribuer à la reine. Anne d'Autriche gardait bien ses secrets; on voit que même avec le maréchal Duplessis, qui lui était tout dévoué, elle dissimulait, et qu'elle ne laissa pas percer vis-à-vis de lui le projet qu'elle avait de faire arrêter M. le Prince: alors elle voulut envoyer Duplessis en province. (Voyez Duplessis, Mémoires, t. LVII, p. 363-368.)
Page 292, ligne 21: Les députés de la noblesse et des provinces.
Les députés de la noblesse s'étaient d'abord réunis chez le duc de Nemours; depuis, ils tinrent leurs assemblées aux Cordeliers.
Page 294, ligne 11: Que des personnes qui détestaient ce ministre.
Villeroy, Roquelaure, Joyeuse, qui occupaient les premières charges de la cour, étaient du parti de Monsieur, ou du duc d'Orléans. «Je n'ai, disait Anne d'Autriche dans un moment de découragement, que des traîtres et des poltrons à l'entour de moi.»
Page 294, ligne 15: Secondée par la duchesse de Navailles.
C'est à Mazarin que Navailles devait son titre de duc.
Page 299, ligne 12: Les théâtres, aussi encombrés de spectateurs.
La foule se portait surtout au théâtre de la rue Guénégaud, où les allusions à ce qui se passait en Angleterre, et l'impopularité du grand Condé, firent accueillir froidement la pièce nouvelle du grand Corneille, Don Sanche d'Aragon, tandis que son frère (qui se faisait appeler Corneille Delisle) s'attirait des applaudissements pour sa comédie intitulée l'Amour à la Mode; il y donnait dans Oronte le type de tous les petits maîtres qui ont été depuis mis au théâtre. Don Sanche fut imprimé en 1650, mais ne fut joué qu'en 1651; le prince de Condé a donc pu y assister. Ceci rectifie ce qu'a dit M. Taschereau, Vie de Corneille, 1829, in-8o, p. 159.
Pages 299, deux dernières lignes: Dont elle gratifiait deux fois la semaine toute la haute société.
Le mariage du duc de Mercœur avec une fille de Mancini, nièce du cardinal, fut une occasion de fêtes; il en était de même pour le mariage projeté de mademoiselle de Chevreuse et du prince de Conti. Les occasions qu'on cherchait à faire naître pour déterminer Mademoiselle et sa sœur la duchesse d'Alençon, ainsi que mademoiselle de Longueville et d'autres riches partis, étaient aussi des motifs puissants pour toutes ces réjouissances. Les ambassadeurs étrangers, qui étaient invités à toutes ces réunions, voulurent faire honneur à leur nation, et rendirent des fêtes non moins splendides. L'ambassadeur de Venise en donna une magnifique, dans les premiers jours de novembre 1651. Elle commença par une collation, puis après il y eut comédie, ensuite bal, puis le dîner, après feu d'artifice, et enfin concert. Ces fêtes duraient presque toujours toute la journée. Dans les fêtes que donnait Mademoiselle, elle faisait venir aussi des acteurs; après la comédie, on dansait, on jouait au colin-maillard. Toute la famille royale d'Angleterre se trouvait à ces réunions, et ce fut alors que le duc d'York fut sur le point d'épouser mademoiselle de Longueville. (Montpensier, Mémoires, t. XLI, p. 156.)
CHAPITRE XXII.
Page 307, ligne 21: Du grand prieur de Malte.
Le grand prieur de Malte, Hugues Rabutin, mourut en 1656; il était né en 1588.
Page 308, ligne 15: A la place, celle de mon veuvage.
J'ai suppléé dans ce passage ces mots: et le commencement d'une existence, qui ne se trouvent point dans le texte; ce texte est incomplet sans cela. Si le texte original est conforme à l'impression, c'est madame de Sévigné elle-même qui aura fait cette omission, ce qui arrive fréquemment lorsqu'on écrit rapidement une lettre, et sans la relire. Cela est évident; le qui et tout ce qu'il régit ne peuvent se rapporter à l'année de son veuvage, mais à sa vie entière; le sens et les adjectifs féminins le font assez connaître. Ce passage et une grande portion de cette lettre ont été donnés au public pour la première fois dans l'édition de M. Monmerqué; mais aucun éditeur n'a remarqué que la phrase était incomplète.
Page 315, ligne 17: Le seul parmi les parlements du royaume qui se fût déclaré pour lui.
Le parlement de Bordeaux ne se sépara des autres parlements qu'en haine du duc d'Épernon, que la reine s'obstina à vouloir maintenir comme gouverneur de Guyenne.
Page 317, ligne 12: A l'exclusion de Mazarin, qu'ils détestaient.
La Rochefoucauld, la duchesse de Nemours et plusieurs autres crurent que Châteauneuf était parvenu à gagner les bonnes grâces de la reine, et que Mazarin n'était plus désiré que par les partisans qu'il avait à la cour, qui s'agitaient pour le faire revenir, en haine des ministres et de Châteauneuf; mais une élude approfondie de tous les documents de cette époque démontre qu'il n'en était pas ainsi, et que tous ceux qui l'ont cru ont été trompés par la profonde dissimulation d'Anne d'Autriche. Conférez surtout les Mémoires de Duplessis-Praslin, t. LVII, p. 336.
Page 318, ligne 17: Par un arrêt il confirma celui de Mazarin.
Les précédents arrêts de la même cour, des 7 et 8 février, 11 mars, 2 et 8 août, rendus pour le même objet et dans la même année, se trouvent, avec l'arrêt cité, dans un recueil que nous possédons. L'arrêt cité fut rendu le 29 décembre; il est signé Du Tillet. Il fut publié à son de trompe, dans tous les carrefours de Paris, le vendredi 30 décembre 1651, ville et faubourgs, par Canto, juré-crieur ordinaire du roi, accompagné de trois trompettes de S. M.
Pages 318 et 319, lignes dernière et première: Qu'on s'interdisait même contre les pirates.
Heureusement que cette atrocité n'eut d'autre suite que celle d'occasionner les plaisanteries de Marigny, qui dressa un état de répartition des 150,000 livres accordées pour la tête de Mazarin, et mettait tant pour le nez, tant pour les oreilles, tant pour la langue de M. le cardinal, tant pour les membres, etc.
CHAPITRE XXIII.
Page 323, ligne 23: La cour même et la plus grande partie des royalistes.
Loret emploie dans cet endroit le mot royaliste, que nous avons conservé.
Page 327, note 1re: Chavagnac.
Ces Mémoires de Chavagnac sont fort curieux, et ils auraient dû, ainsi que ceux de Bussy et de Navailles, être insérés par Petitot dans sa collection, plutôt que les Mémoires anonymes relatifs au dix-septième siècle, qui sont supposés; compilation médiocre, qui n'apprend rien qu'on ne trouve ailleurs.
Page 327, ligne 14: A lever un régiment pour ce prince.
Il y avait encore à cette époque un reste de ligue parmi les seigneurs huguenots, puisqu'ils faisaient une pension de huit mille livres au père du comte de Chavagnac. (Chavagnac, Mémoires, t. I, p. 141.)
Pages 328, lignes 13 et 14: C'est pourquoi il s'attachait à se rendre maître de l'esprit du duc d'Orléans.
Il est difficile de deviner ce qui a pu porter Lemontey à faire du cardinal de Retz un factieux dans la première partie de sa vie, un héros dans la seconde, si ce n'est la manie d'établir des contrastes piquants, et d'entasser des phrases ingénieuses aux dépens de la vérité. Cependant la lecture seule des Mémoires du cardinal de Retz, faite avec discernement, suffit pour démentir l'idée que Lemontey veut en donner. Cet auteur ne paraît avoir étudié l'histoire de la Fronde que dans les Mémoires de Retz; et il était difficile de choisir un guide plus infidèle et plus partial.
Page 329, lignes 23 et 24: Et voulait brûler la maison où elles s'étaient réfugiées.
Cette maison appartenait à un nommé Vaurouy.
Page 331, ligne 6: Cependant Innocent.
C'est par une distraction bien singulière qu'Anquetil a écrit (dans l'Intrigue du Cabinet, t. IV, p. 145) Léon X, au lieu d'Innocent X. Cette faute n'est point corrigée dans l'errata.
Page 333, ligne 8: La duchesse d'Aiguillon et Fabert.
Fabert était tout dévoué à Mazarin, qui lui avait confié l'importante place de Sedan, et lui avait donné ses nièces à garder.
Page 334, ligne 7: Une autorité au moins nominale.
Condé adjoignit à son frère, pour commander sous son nom, le comte de Marsin, un des généraux les plus expérimentés.
Page 334, lignes 9 et 10: A des libelles outrageants pour tous deux.
Conrart, à l'endroit cité, a le passage suivant: «On assure qu'ils (Jarzé et Sarrazin) ajoutaient qu'étant survenu quelque chose de pressé, où il fallait avoir les ordres du prince de Conti, on les avait été chercher dans la chambre de madame de Longueville, où on les trouva tous deux au même lit. Ces placards se sont vus imprimés.»
Page 334, ligne dernière: Négligeait par trop le soin de sa personne.
Cette malpropreté était de famille; car le grand Condé, selon Mademoiselle, était remarquable sous ce rapport. (Montpensier, Mém., t. XLI, p. 314; t. XLII, p. 220.)
Page 336, ligne 8: A la muse spirituelle de Benserade.
Cette chanson de Benserade commençait ainsi:
Châtillon, gardez vos appas Pour une autre conquête: Si vous êtes prête, Le roi ne l'est pas.
Bussy, dans son Histoire amoureuse des Gaules, rapporte le premier vers de cette chanson, et nomme l'auteur, Prospère. Ce qui prouve encore que les éditeurs de l'édition de 1754 ont mis les noms d'après la clef de la première édition, c'est que cette clef ne contenait pas l'explication du nom de Prospère, et qu'ils ont laissé ce nom sans explication. Loménie de Brienne nomme Benserade au lieu de Prospère, et dans l'édition de l'Histoire amoureuse de France de 1710 le nom de Benserade est substitué à celui de Prospère. Les éditions récentes de l'Histoire amoureuse des Gaules, sous format in-8o, ne sont que des réimpressions de l'édition de 1754, avec de nouvelles fautes d'impression.
Page 336, ligne 20: Cambiac se retira lorsqu'il sut que Condé était son rival.
Lenet dit: «La princesse (de Condé la mère) tint un conseil composé de Roquette, de la duchesse (de Châtillon), de madame de Bourgneuf, de Cambiac, et de moi.» Ce passage prouve que Cambiac était du conseil intime de la princesse douairière, et confirme tout ce que Bussy en dit, page 181. On doit remarquer que Mademoiselle et Lenet confirment ce que Bussy dit sur Cambiac; ce qui vient à l'appui de l'assertion de Bussy dans sa lettre au comte du Saint-Aignan, où il affirme que dans l'Histoire amoureuse des Gaules il n'a fourni que la broderie, mais que pour les faits, il n'a écrit que ce qui était connu à la cour. Il y a ici de notables différences entre les diverses éditons de ce livre. Celle de 1710, intitulée Histoire amoureuse de France, donne sans déguisement le nom de Cambiac.
Page 338, ligne 15: Publiaient l'un contre l'autre des libelles anonymes.
Gondi répondit à tous les écrits de Chavigny par un petit écrit intitulé les Contre-temps du sieur de Chavigny; pamphlet plein de sel et de gaieté, qui fit, dit-on, pleurer de rage celui contre lequel il était dirigé.
Page 339, lignes 12 et 13: En empêchant les troupes du roi de pénétrer dans Orléans.
On fit alors une estampe satirique qui représentait Mademoiselle en amazone, armée d'un grand balai, et balayant, comme une ordure, Mazarin hors des portes d'Orléans.
Page 341, ligne 19 et 20: Qu'il protégeait contre tous les maux de la guerre-civile.
Brienne dit: «On eût bien pu trouver des endroits convenables, en Normandie, au séjour de la cour; mais on craignait de donner de la jalousie et du soupçon à M. de Longueville, qui faisait en sorte que le roi y jouissait d'une partie de ses revenus, qui empêchait qu'on s'y soulevât, et qu'on y causât le moindre préjudice au service de S. M.; mais il donnait assez à entendre qu'il ne fallait pas en demander davantage de lui.»
Page 342, lignes 4 et 5: Et une hideuse famine.
Balzac écrivait à Conrart, le 20 novembre 1651: «Quand la paix se ferait demain, cette courte guerre y laissera une longue mémoire des maux qu'elle a faits. Si on réforme et si on règle ainsi les États, bien heureux sont les États qu'on laisse dans le désordre et la corruption.»
CHAPITRE XXIV.
Page 346, ligne 5: Une actrice.
Cette actrice se nommait Baron.
Page 347, ligne 4: La duchesse d'Orléans.
La duchesse d'Orléans mit aussi à profit la fureur du jeu, et joua ses meubles contre des sommes qui surpassaient leur valeur, mais dont la destination était marquée d'avance. Cet exemple fut imité.
Page 348, ligne 15: Leurs ouvrages et leurs exemples avaient donné un caractère plus grave à ces réunions d'hommes de lettres.
Un maître des requêtes, membre de l'Académie Française, Habert de Montmor, était à cette époque le Mécène des gens de lettres. Il cultivait également les sciences et la littérature, et faisait facilement des vers latins. Il avait table ouverte pour les savants et les beaux esprits. Il en logeait plusieurs dans son hôtel. Gassendi, l'homme le plus universel de son temps, ce digne rival de Galilée et de Kepler, ce précurseur de Newton et de Leibnitz, logea chez lui, et y mourut. Les réunions dont il était l'oracle et le patriarche ne discontinuèrent pas même pendant les crises orageuses de l'année suivante. On y lisait fréquemment des lettres de la reine Christine, alors en correspondance avec Gassendi et avec plusieurs autres savants de Paris, qu'elle cherchait à attirer en Suède, donnant ainsi l'exemple rare, parmi les souverains, de sa prédilection pour un genre de gloire préférable à celui des conquêtes.
Page 355, ligne 7: Saint-Évremond.
Saint-Évremond a fait le portrait de la comtesse d'Olonne dans le temps où il en était lui-même amoureux. Sa mère se nommait Marie de Raynier. La comtesse d'Olonne mourut le 13 juin 1714.
Page 359, avant-dernière ligne: Fit échouer les projets du cardinal.
La sœur cadette de la comtesse d'Olonne épousa le maréchal de la Ferté. Les deux sœurs se ressemblaient par les mœurs, et demeurèrent ensemble vers la fin de leur vie. Elles étaient d'une branche cadette de la maison d'Angennes. Elles moururent toutes deux en 1714. Saint-Simon rapporte sur elles une anecdote curieuse à l'endroit cité.
CHAPITRE XXV.
Page 362, ligne 6: Quand on veut jaser et qu'on n'ose.
Loret donne une épithète à chacune de ses lettres, pour en caractériser par un seul mot le contenu, et il a surnommé tremblante celle du 18 août. A la page 40 du livre III, il nous apprend que sur le Pont-Neuf les crieurs faisaient retentir la place des nouvelles victoires remportées contre les mazarinistes, tandis que chez le maréchal de L'Hospital on faisait ceux-ci victorieux.
Page 362, lignes 17 et 18: On s'empressait aux sermons du père Le Boux.... du père George.....
Le père Berthod indique encore un autre prédicateur qui, comme le père George, prêchait contre Mazarin; mais il n'en donne pas le nom. Nous apprenons par Loret que c'était à l'église de Saint-Severin que prêchait le père Le Boux; le père George prêchait aux Jacobins de la rue Saint-Honoré.
Page 365, ligne 23: Le déguisement qu'il avait emprunté.
On commanda à Condé de brider un cheval, et il ne sut comment s'y prendre. Une autre fois, on lui donna la queue de la poêle à tenir pour faire cuire une omelette, et, en voulant la retourner, il la jeta dans le feu. M. de Saint-Aulaire, dans son Histoire de la Fronde, t. III, p. 120, se trompe lorsqu'en parlant de cette marche il dit de Condé, «qu'il s'acquittait mieux qu'aucun de ses compagnons des différents rôles que lui imposait la nécessité». Il est à présumer qu'il n'a lu ni la relation de Chavagnac ni celle de Gourville, qui sont les deux véritables autorités pour ce point d'histoire. Nemours, qui avait fait une traversée semblable avec Chavagnac, pour aller en Flandre chercher les troupes espagnoles, s'était montré encore plus inexpérimenté. Malgré son courage, il ne pouvait supporter la fatigue et les privations; et il subissait tous les inconvénients d'une éducation molle et efféminée.
Page 365, ligne 23: Contre un gentil-homme royaliste.
La Rochefoucauld nomme ce gentil-homme La Bassinière; Chavagnac le nomme Bassiniac. Chavagnac raconte, à la page 151, un singulier acte de brutalité de Condé envers Guitaut.
Page 367, lignes 13 et 14: Le Languedoc ne lui eût point été contraire.
Du Languedoc il faut excepter la ville de Toulouse, que le parlement eût maintenue dans le parti du roi.
Page 367, ligne 23: Condé se rendit à Paris.
Loret nous apprend que ce fut un jeudi que Condé entra dans Paris. Le bas peuple cria vive Condé! et des femmes du peuple allèrent à sa rencontre avec des lauriers.
CHAPITRE XXVI.
Page 373, ligne 3: Il chemina lentement.
Le roi alla loger au Louvre, qui était alors entouré de fossés, et non aux Tuileries.
Page 373, note 2: Loménie de Brienne.
On dira peut-être, au sujet de cette citation de Loménie de Brienne, qu'elle prouve peu, parce que dans ce passage c'est le fils du maréchal de Villeroi qui dément les bruits injurieux répandus sur son père relativement à l'éducation de Louis XIV, dont le maréchal était gouverneur; mais ce témoignage vaut bien celui des ennemis de Mazarin, qui avaient plus d'intérêt à noircir ce ministre, que Villeroi fils à le disculper longtemps après sa mort.
Page 377, ligne 12: La dispersion du papier par ceux de la paille.
L'affaire du papier, quoique réprimée, produisit cependant son effet; elle amena la concession des passe-ports qu'on avait refusés aux bourgeois députés par le roi, et la démission de Broussel de sa place de prévôt des marchands.
Page 377, ligne 16: Les partisans du roi dans Paris.
Sève, annonçant au roi qu'il était suivi par un grand nombre de ses concitoyens, dit: «Sire, laissez-vous vaincre à leurs prières, rendez-vous à leurs larmes, etc.»
Page 378, note 2: Berthod.
La publication récente des Mémoires du P. Berthod a jeté un jour tout nouveau sur cette partie importante de l'histoire de la Fronde. Quand les masses sont préparées à une révolution, l'influence individuelle a une grande puissance; quand, au contraire, elles sont opposées à tout changement, cette influence est nulle.
Page 380, ligne 19: Jaloux de la faveur dont il jouissait.
Loret lui-même, quoique bon royaliste, n'aimait pas Mazarin, et dit qu'il est haï des provinces.
Page 382, ligne 12: Mazarin reparut.
Tandis que Condé pillait les convois de grains qui entraient dans la capitale, Mazarin les faisait protéger par les troupes royales. Quand il fallut conférer pour l'entrée du roi, ce ne fut pas aux chefs des partis, ou au prévôt des marchands, ou au gouverneur, que l'on voulut avoir affaire, mais avec les six corps des marchands et avec les trois cents bourgeois qui commandaient la garde urbaine. Voilà de l'habileté. Mademoiselle s'enfuit, masquée et déguisée, et sous un faux nom, dans le carrosse de madame de Montmort. Gaston, en partant, ne voulut point la voir; il lui reprochait de l'avoir poussé contre la cour. Les caractères faibles se font justice: ils sentent qu'ils ne peuvent rien par eux-mêmes, et attribuent toujours aux autres les fautes qu'ils commettent. Tous les membres du parlement, quelles que fussent leurs opinions, quelle qu'eût été leur conduite, furent convoqués au Louvre, à la réserve d'un très-petit nombre des plus factieux; savoir, Broussel, Vial, de Thou, Portail, Bertaut, Croissy, Fouquet, Machault-Fleury. Vincennes et la Bastille furent rendus par Louvière et madame de Chavigny, sur un simple ordre du roi. Gaston et le parti des princes voulurent faire croire à la cour que Paris était encore trop près de la révolte; ils demandaient du temps pour disposer la population à recevoir le roi; mais on était trop bien instruit de l'état des choses pour se laisser tromper, et la cour continua sa marche. La même situation se retrouva pour Louis XVIII. Fouché persuada au conseil du roi que les jacobins étaient encore redoutables dans Paris, et il arrêta le monarque à Saint-Ouen; par là on crut cet homme nécessaire ainsi que les siens, et il souilla la royauté de son ministère. On apprit ainsi aux peuples que le sceptre résidait entre les mains de la peur. Tous les malheurs qui suivirent viennent de cette première faute. Lorsque Louis XVIII crut devoir s'arrêter à Saint-Ouen, les jacobins avaient encore moins d'influence dans Paris que les frondeurs lors du retour de Louis XIV. On ne sut pas séparer le parti conventionnel ou jacobin du parti militaire ou bonapartiste; ces deux partis étaient bien distincts, et opposés. Ils se réunirent quand ils se virent enveloppés par la royauté dans une même défiance. Alors le roi et la monarchie restèrent dépouillés de leurs plus fermes appuis, et eurent pour ennemis les bonapartistes, qui alors, ayant répudié leur chef, avaient intérêt à tout conserver, à tout affermir, et au besoin à tout reconquérir.
Page 383, lignes 4, 5 et 6: Cette marche habile lui acquit l'estime de tous les cabinets étrangers.
De même que Richelieu, Mazarin ne sépara jamais ses intérêts de ceux du royaume, ni le royaume de la personne du roi. Lorsque Condé voulait dominer le roi, Mazarin conseillait à la reine de s'unir au coadjuteur, qui pourtant était son plus grand ennemi; et plus tard il préférait mettre le roi sous le joug de Condé, et par conséquent sous celui de ses sujets révoltés, plutôt que sous la domination des Espagnols.
Page 386, ligne 21: Au lieu d'armer et de se fortifier.
Le roi d'Angleterre (le prétendant) prêta au cardinal de Retz jusqu'à cent vingt hommes pour se fortifier.
Page 387, lignes 5 et 6: Où il étala tant de luxe et de magnificence.
Pendant la durée de cette ambassade, sa dépense se montait à huit cents écus par jour.
CHAPITRE XXVII.
Page 392, lignes 21, 23, 24: Condé... vient siéger sur les fleurs de lis.
Monglat dit que ce fut le 10 août que Condé vint siéger au parlement.
Page 393, note 1: De Villefore, la véritable vie d'Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville, etc.
L'édition qui porte pour titre: Vie de madame de Longueville, et qui est sans nom de lieu, est faite à Paris. L'auteur n'est point nommé, tandis qu'il l'est deux fois dans l'édition d'Amsterdam, dans un avis du libraire et dans un avertissement d'éditeur. L'avis du libraire, qui indique les retranchements qu'a subis l'édition de Paris, est à la fin du volume.
Page 399, ligne 2: C'est dans le château de celui-ci que se fit le mariage.
Ce mariage se fit en 1646, vers la fin de l'hiver. Mademoiselle de Rohan avait vingt-sept à vingt-huit ans, et était d'une vertu sévère.
Page 400, ligne 9: Sa mort termina ce romanesque procès.
Tancrède mourut le 1er février 1649, âgé de dix-neuf ans. Conférez l'Histoire de Tancrède de Rohan (par le père Griffet); Liége, 1767, in-12, p. 55 et 91. Ce volume, par les pièces justificatives qui le terminent, contient quelques documents curieux pour l'histoire.
CHAPITRE XXVIII.
Page 404, ligne 21: La duchesse n'y paraissait point.
Mademoiselle de Montpensier décrit, dans ses Mémoires, une fête qui eut lieu chez la comtesse de Choisy, où il y eut comédie et collation. Puis elle ajoute: «Tout ce qu'il y avait d'hommes et de femmes à Paris y vinrent.» Ce qui veut dire, dans son langage, qu'il n'y avait pas un seul homme ni une seule femme de la classe bourgeoise.
Page 404, les deux dernières lignes: C'est que c'était aux Tuileries, où elle demeurait alors.
Mademoiselle de Montpensier fut délogée des Tuileries au retour du roi. Il faut lire dans l'endroit cité les regrets qu'elle exprime d'être forcée de quitter ces magnifiques appartements, où elle avait toujours habité.
Page 408, ligne 12: Adonnée à l'astrologie et à la divination.
Il faut lire dans Segrais la curieuse histoire de l'abbé Brigalier.
Page 409, lignes 27 et 28: La présidente de Pommereuil pour le cardinal de Retz.
Le cardinal de Retz donna au roi et à la reine d'Angleterre un repas si magnifique, qu'il fut pendant quelques jours, dans Paris, l'objet principal des entretiens des cercles et des ruelles.
Page 410, ligne 3: Chez la marquise de Bonnelle.
C'était, à ce qu'il paraît, d'après Loret, chez la marquise de Bonnelle que l'on jouait alors. Le jeu à la mode était celui de quinola ou le reversis. Il venait d'Espagne.
Page 410, lignes 6 et 7: Mademoiselle faisait presque toujours venir les vingt-quatre violons.
Les vingt-quatre violons firent partie de la maison du roi, mais ils ne formaient pas les seuls musiciens de la chambre; il y avait encore les joueurs de violons ordinaires, les joueurs de hautbois, de saqueboutes et cornets, les joueurs de phiphres, tabourins et muzettes. Tous avaient des gages, et les sommes qu'ils recevaient se lisent p. 143, 144, 168 et 169 de l'ouvrage du sieur de la Marinière, intitulé Estat général des officiers, domestiques et commençaux de la Maison du Roy; Paris, 1660, in-8o. Ce livre est curieux et peu connu, et il ne faut pas le confondre avec l'État de la France, dont on publiait une nouvelle édition presque tous les ans, et auquel a succédé l'Almanach royal.
Page 411, ligne 2: Joints aux négociations.
La duchesse d'Aiguillon négociait à Saint-Germain pour le prince de Condé. Voyez Chavagnac, t. I, p. 167. Il y a dans cet endroit une erreur de pagination.
Page 411, ligne 16: La gaieté régnait au milieu des dangers.
Remarquons cependant que dans le midi la guerre se faisait avec acharnement, et donnait lieu à d'atroces forfaits: témoin l'affaire du chevalier de Canolle, pendu quoique prisonnier de guerre, et celle du père de Chavagnac, livré par ses propres troupes et assassiné par son maître d'hôtel.
Page 412, lignes 14 et 15: Ces divers spectacles attiraient hors de Paris.
Ces divertissements et ces communications eurent surtout lieu lorsque Turenne s'était retranché derrière le bois qui est sur les hauteurs de Villeneuve-Saint-Georges; alors les princes se trouvaient campés proche de Boissy-Saint-Léger, dans la plaine qui est entre ce village et le bois de Villeneuve-Saint-Georges (le bois du château de La Grange); le bois séparait les deux camps, et formait l'intervalle qu'aucune des deux armées n'osait franchir.
CHAPITRE XXIX.
Page 413, ligne 2 du texte: Fut encore augmenté par l'arrivée du duc de Lorraine à Paris.
Ce fut le 5 septembre que le duc de Lorraine vint à Paris, accompagné du duc de Wurtemberg. Le duc de Lorraine était né en 1604.
Page 414, lignes 10, 11 et 12: Faisait profession de ne tenir à sa parole qu'autant que son intérêt l'y obligeait.
Pavillon, dans son Testament de Charles IV, a très-bien dit de lui:
Il donna librement sa foi Tour à tour à chaque couronne; Il se fit l'étrange loi De ne la garder à personne.
Cette morale dépravée fut commune parmi les guerriers de ce temps, et le duc de Lorraine fit plus d'un élève. On peut lire dans les Mémoires de Loménie de Brienne, t. II, p. 295, quels affreux conseils donnait à ce jeune homme entrant dans le monde le duc de Vendôme.
Page 414, ligne 20: En épousant ensuite Béatrix de Cusane, princesse de Cantecroix.
Le mariage du duc de Lorraine avec la princesse de Cantecroix eut lieu en 1637, à Besançon.
Page 415, ligne 25: Les déterminations de Charles IV.
La duchesse de Châtillon elle-même ne craignait pas de donner de la jalousie à Condé, en faisant des coquetteries au duc de Lorraine.
Page 416, ligne 2: Ses manières si étranges parurent piquantes.
Dans une promenade au Cours que le duc de Lorraine fit avec la duchesse de Chevreuse, sa fille, et madame de Frontenac, sa conversation fut tout à fait ordinaire. Voyez les Mémoires de Conrart.
Page 416, ligne 10: Les troupes de tous les partis.
Les troupes du duc de Lorraine n'étaient pas les seules qui commissent des désordres; celles des princes, les troupes royales elles-mêmes, ne se conduisaient pas mieux. Pour donner une idée de l'indiscipline de ces dernières, il suffit de dire que le maréchal d'Hocquincourt, qui les commandait, ne put empêcher sa maison d'être dévastée. Chavagnac avoue que pendant deux jours qu'il fut cantonné à Poissy, il reçut de riches présents des propriétaires des environs pour empêcher qu'ils ne fussent pillés.
Page 416, ligne 20: Le chef d'une troupe de démons que, comme un général d'armée...
Loret, dans sa gazette, raille ainsi les Parisiens de l'accueil qu'ils faisaient au duc de Lorraine:
Les soldats du duc de Lorraine Ont enfin traversé la Seine, Et plusieurs des gens de Paris, Loin d'en avoir les cœurs marris, Après avoir mangé leurs soupes, Allèrent voir passer ces troupes Avant-hier, qu'il faisait beau, Dans la plaine de Long-Boyau. Ils ont brûlé cinq cents villages, Ravi douze cents pucelages, Fait deux mille maris cornus, Et pourtant sont les bien-venus.
Page 418, ligne 15: L'abbesse de Pont-aux-Dames.
Conrart place ce fait le 4 juin.
Page 421, lignes 6 à 8: Elles portaient des rubans, des montres d'or, etc.
Au sujet des habillements de ces religieuses, voici comment s'exprime saint Vincent de Paul:
«Plures vestes monialum deferunt indecentes, et immodestas. In locutoriis se ostentant vittis ignei coloris fulgentes; horarias aureas, seu horologia aurea gestitant; chirotecas etiam raras, et quas vocant hispanas, induunt.» (G. Delort, Mes Voyages aux environs de Paris, in-8o, t. II, p. 173.)
CHAPITRE XXX.
Page 425, ligne 6: Où chaque guerrier se bat avec acharnement.
Cette bataille eut lieu le 5 juillet. Les descriptions qu'en ont données les historiens que j'ai cités se ressemblent toutes, et sont exactes; mais elles sont dépourvues de ces scènes animées qu'on trouve dans les Mémoires, et dont nous avons tenté de donner une esquisse. Il y a dans Ramsay, ainsi que dans Désormeaux, un très-beau plan de cette bataille; c'est le même dans les deux ouvrages. Il a été réduit dans l'édition in-12 de l'ouvrage de Désormeaux.
Page 425, ligne 21: En versant des torrents de sang.
L'aide de camp de Chavagnac, après s'être battu en brave homme, fut tellement frappé d'horreur du massacre de cette journée, qu'il quitta l'état militaire et se fit capucin.
Page 426, ligne 16: Mais nul plus que Saint-Mesgrin.
Personne n'était plus aimé à la cour que Saint-Mesgrin. Malgré sa jeunesse, il avait commandé en chef une armée en Catalogne, et déployé dans cette campagne les plus grands talents pour la guerre. La reine mère, dont il était chéri et favorisé, le pleura, et le fit inhumer avec pompe à Saint-Denis. Saint-Simon donne très en détail, dans l'endroit cité, toute l'histoire du père de ce jeune homme, qui mourut en 1665, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Il était gendre du maréchal de Roquelaure, et grand sénéchal de Guyenne. Saint-Simon nous apprend que le vrai nom du père de Saint-Mesgrin était Esthbuert; ce fut par une héritière de Caussade, dont il joignit son nom au sien, qu'il devint Saint-Mesgrin. Dans l'insipide ouvrage de Somaize, il y a quelques détails sur la duchesse de Chaulnes, qui fut veuve de Saint-Mesgrin, et sur les femmes qui étaient ses amies. Elle est désignée sous le nom de Clidaris; Sophronie est madame de Sévigné; le Palais-Sénèque est le Palais-Royal; Barsane est cette marquise des Brosses dont j'ai raconté les aventures touchantes dans la Vie de Maucroix. Le jeune de Fouilloux s'était joint aussi à Saint-Mesgrin, et périt dans la même action.
Page 428, lignes 8 et 9: Dans une maison de particulier.
Cette maison était celle d'un nommé de La Croix, maître des comptes.
CHAPITRE XXXI.
Page 431, ligne 16: Le duc de Beaufort, le héros de la populace de Paris.
L'hôtel de Beaufort était alors rue Quincampoix.
Page 431, lignes 19, 20: Qui épouvantèrent le gouverneur, le prévôt des marchands, les échevins.
Le carrosse du prévôt des marchands fut attaqué par la populace, et un échevin fut blessé. On pilla la boutique d'un armurier nommé Regnicourt. Un nommé L'Espinois, capitaine de son quartier, manqua d'être jeté à l'eau, parce qu'il était accusé d'être retz ou mazarin.
Page 431, ligne 21: Et forcèrent à fuir sous divers déguisements...
La maréchale de Turenne, qui demeurait alors rue Saint-Louis au Marais, alla rejoindre la cour; Seguier, premier président, en fit autant, ainsi que le roi et la reine d'Angleterre, qui se trouvaient alors à Paris. (Loret, liv. III, p. 64.)
Page 432, ligne 9: Força de recourir à une assemblée générale.
Talon donne, dans cet endroit de ses Mémoires, des renseignements curieux et intéressants sur les grandes et les petites assemblées de la ville de Paris.
Page 432, lignes 16 et 17: De ses soldats déguisés en gens du peuple.
Lefebvre de La Barre, prévôt des marchands, donna sa démission aussitôt après le tumulte.
Page 432, ligne 22: A se soustraire à la fureur populaire.
Les vers de Loret, quoiqu'ils soient toujours dépourvus de grâce et de poésie, ont, en racontant ces scènes déplorables, une naïveté qui plaît, parce qu'on y voit une douleur sincère dans celui qui les écrivait. Ce gazetier si insipide, ce versificateur si plat, était un des plus honnêtes hommes de cette époque; il montre partout les sentiments d'un bon Français; et s'il flattait les grands, il ne les abandonnait pas dans le malheur, comme le prouva l'affaire de Fouquet.
Page 434, ligne 24: Avaient encore augmenté le resserrement de la population.
Talon dit qu'il y avait alors cent mille personnes auxquelles la charité était distribuée. Le pain blanc valait le 6 juillet onze à douze sous la livre (c'est vingt-quatre sous d'aujourd'hui). Le pain bis valait sept sous (quatorze sous).
Page 435, ligne 21: Pour un vol de 300,000 livres de marchandises.
C'est Chavagnac lui-même qui raconte ce fait. Ces marchandises appartenaient à des bourgeois de Paris.
Page 435, ligne 25: Gaston fit aussitôt conduire le comte de Rieux à la Bastille.
Il est fait mention de cette affaire du comte de Rieux dans plusieurs des Mémoires du temps; mais c'est dans les Mémoires de Talon qu'elle est le mieux détaillée.
Page 436, ligne 11: Beau, galant, gracieux et enjoué.
Voici le portrait que Bussy-Rabutin, qui n'est pas louangeur, nous a laissé du duc de Nemours: «Ce duc avait les cheveux fort blonds, le nez bien fait, la bouche petite et de belle couleur; il avait la plus jolie taille du monde, et dans ses moindres actions une grâce qu'on ne pouvait assez admirer; l'esprit fort enjoué et badin.»
Page 438, ligne 25: Pour en arracher cette détermination.
Condé, par le moyen de ses liaisons avec l'Espagne, avait obtenu, au moyen d'une rançon, la liberté du duc de Guise, fait prisonnier par les Espagnol, lors de son expédition contre le royaume de Naples; mais en arrivant à Paris le duc de Guise se déclara pour le roi, et siégea dans la séance où la déclaration royale qui proscrivait Condé fut enregistrée. Le duc de Rohan aussi accepta l'amnistie, et ne suivit pas Condé.
Page 439, ligne 24: Depuis qu'il n'était plus obligé de la disputer à Nemours.
Lorsque Condé, par une habile manœuvre, eut enfermé l'armée de Turenne entre la sienne et celle du duc de Lorraine, il fut saisi d'une fièvre qui lui dura quelques jours, et l'empêcha de profiter des succès de ses combinaisons. Guy-Joly dit, dans ses Mémoires, que cette indisposition de M. le Prince fut causée par une comédienne dont il s'était trop approché. Ce qui me semble prouver, comme je l'ai dit, que Condé bien avant son départ de Paris était fort refroidi à l'égard de la duchesse de Châtillon.
Pages 441, lignes 1 et 2: De femmes qui dans le vice conservassent moins de respect pour la vertu.
Sauval donne encore pour amants à la duchesse de Châtillon, Bouchu, intendant de Bourgogne, et Cambiac, auquel il donne le titre de chanoine d'Alby et de Montauban. Mais Sauval, mal instruit des choses de la cour, a écrit longtemps après les événements. Pour tous ces petits faits scandaleux, qui ont de l'importance par leur influence sur les grands événements, il faut consulter les Mémoires des personnes qui ont connu les personnages mêmes auxquels ces anecdotes sont relatives. Les Mémoires de Montpensier, de Motteville, et surtout ceux de Bussy, sont les meilleures sources et les plus authentiques.
CHAPITRE XXXII.
Page 446, ligne 17: Telles étaient les dispositions où se trouvait Balzac.
Jean-Louis Guez, seigneur de Balzac, naquit en 1594 et mourut en 1655. Employé d'abord à Rome sous le cardinal de la Valette, il avait été fait conseiller d'État.
Page 448, lignes 20 et 27: Le suivirent à Nantes.
Salmonet était d'avis que le cardinal de Retz s'évadât; et s'il avait suivi ce conseil et qu'il eût cessé d'intriguer avec ceux du parti de Condé, il se serait encore arrangé avec la cour, tant la possession de l'archevêché de Paris et son union avec le clergé de cette ville le rendaient puissant, et exigeaient de ménagements de la part de l'autorité.
Page 451, lignes 17 et 18: Après ce piquant écrit: Vita Mamurræ.
La Vita Gargillii Mamurræ fut composée en 1636, et imprimée en 1643 par Adrien de Valois, dans un recueil de pièces contre Montmaur, t. I, p. 23. L'Anti-Gomorrhe, t. I, p. 44, de Sallengre, est de Charles Vion. Sallengre cite des mots de Montmaur très-spirituels. La Vita Mamurræ est dédiée à un nommé Ferramus, avocat; il était de Boulogne.
Page 452, ligne dernière du texte: Dans cette première édition des poésies de Ménage.
Ménage, à la cinquième édition, ajouta à l'idylle d'Alexis les deux vers suivants, p. 146:
Digne objet de mes vœux, à qui tous les mortels Partout, à mon exemple, élèvent des autels.
Et dans la septième, à ces mots: à la tendre amitié, il substitua: aux lois de l'amitié; et à ceux-ci: et dont l'âme insensible,—et toujours insensible.
CHAPITRE XXXIII.
Page 456, ligne 1re du texte: Le marquis de Tonquedec était...
Conrart rapporte les deux versions qui coururent dans le public sur cette première rencontre de Tonquedec et de Rohan: la version de Rohan et celle de madame de Sévigné (p. 91). Celle de madame de Sévigné mérite le plus de confiance, et est aussi la plus vraisemblable.
Page 459, lignes 22 et 23: Et Loret même en avait parlé dans sa gazette.
Loret, dans sa Muse historique, annonce ainsi cette affaire.
Rohan, dont le cœur et la mine L'ont fait parvenir à l'hermine, Et le marquis de Tonquedec, Quoique dans un lieu de respec, Savoir, chez Sevigny la belle, Eurent entre eux grosse querelle, etc.
Page 461, ligne 25: Le duc de Rohan mourut.
Loret a donné la date précise de la mort du duc de Rohan, dans sa gazette datée du 6 mars, lorsqu'il dit:
Ce fut depuis sept jours en çà Que le noble duc trépassa, etc.
CHAPITRE XXXIV.
Page 464, ligne 1re: Scarron se maria.
L'époque du mariage de Scarron avec Françoise d'Aubigné (depuis madame de Maintenon) se trouve exactement déterminée par la gazette de Loret; cependant presque tous les auteurs qui ont écrit sur elle ou sur Scarron l'ont ignorée, ou, ce qui est pire, lui ont assigné une fausse date. M. Monmerqué, si curieux et si exact dans ses recherches, ne donne point la date de ce mariage dans l'article Maintenon, dont il a enrichi la Biographie Universelle. Madame Suard et Dreux du Radier placent ce mariage en 1650, deux ans avant sa véritable date. Madame Guizot le met en 1651, probablement sur l'autorité de La Beaumelle, qui même va jusqu'à désigner en marge le mois d'avril; mais la date de l'année comme celle du mois sont également fausses. Segrais, par ses contradictions, est la première cause de ces erreurs; dans une page de ses Souvenirs, il dit que Scarron se maria en 1650 (voyez page 100), et dans une autre, p. 105, en 1651. Les auteurs subséquents ont pris à peu près au hasard l'une ou l'antre date, sans se douter qu'ils ne choisissaient qu'entre deux erreurs. Cependant, longtemps avant moi, les frères Parfaict, dans leur Histoire du Théâtre français, avaient, d'après la gazette de Loret, donné la véritable date. M. Fabien Pillet, dans l'article Scarron, de la Biographie Universelle, a bien dit que ce mariage eut lieu en 1652, mais sans aucune discussion, et sans détermination plus précise. C'est dans sa lettre 52, du 31 décembre 1651 (liv. II, p. 179), que Loret parle du projet de Scarron de se transporter en Amérique avec la sœur Céleste (mademoiselle de Palaiseau), quand le printemps sera venu; nulle mention alors que Scarron eût pris femme: c'est dans la lettre 22 du 9 Juin 1652 (liv. III, p. 77) que Loret parle du mariage récent de Scarron, et de son procès avec sa belle-mère.
Monsieur Scarron, esprit insigne..., Avait un procès d'importance, Lequel il a perdu tout net. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Car enfin ledit personnage Ayant contracté mariage Avec une épouse ou moitié, Qu'il a prise par amitié, Il était chargé, ce me semble, De deux pesants fardeaux ensemble.
C'est à l'imitation de Scarron que Loret écrivait sa gazette en style burlesque. Il le regardait comme son maître et son modèle dans ce genre d'écrire. Il professait pour lui la plus grande admiration. Il donne place dans sa gazette aux plus petites choses qui le concernent. Si donc ce mariage avait été antérieur de plus de quinze jours à cette feuille du 9 juin, Loret n'aurait pas manqué d'en faire mention dans les gazettes antérieures; il n'en dit rien: donc c'est entre la gazette qui a précédé celle-ci et le 9 juin que ce mariage a eu lieu.
Page 463, note 2: Lettre à mademoiselle d'Aubigné.
Cette curieuse lettre de Scarron est certainement adressée à mademoiselle d'Aubigné, quoique son nom ne soit pas dans les éditions. Les correspondances de Scarron, de madame de Maintenon, et de Bussy, ont été imprimées avec une négligence qui les rend souvent inintelligibles même aux plus instruits.
Page 464, lignes 7 et 8: Agée de seize ans et demi.
Madame de Maintenon était née le 28 novembre 1635; elle avait donc seize ans et demi lors de son mariage; son frère était plus jeune.
Page 465, lignes 6 et 7: Contemplez cet enfant qui se joue sur le rivage de Sicile.
Des recherches récentes, dues à un savant Italien, sur l'origine de la famille de Mazarin, ont constaté ces faits. Ils m'ont été communiqués par M. Artaud de Montor, qui a résidé longtemps en Italie, auquel nous devons la meilleure traduction et la meilleure vie du Dante, et tant d'excellents ouvrages qui concernent l'Italie. Saint-Simon, si curieux et si savant sur tout ce qui se rapporte aux recherches généalogiques, avait en quelque sorte deviné la naissance infime de Mazarin; car dans ses Mémoires, après avoir parlé des nièces du cardinal, il dit: «Si les pères de ces nièces n'étaient rien, leurs mères, sœurs du cardinal Mazarin, étaient, s'il se peut, encore moins. Jamais on n'a pu remonter plus haut que le père de cette fameuse éminence, ni savoir où elle est née, ni quoi que ce soit de sa première jeunesse. On sait seulement qu'ils étaient de Sicile; on les a crus des manants de la vallée de Mazare, qui avaient pris le nom de Mazarin, comme on voit à Paris des gens qui se font appeler Champagne, Bourguignon. La mère du cardinal était Buffalini. Son père mourut obscur à Rome, en 1654, âgé de soixante-dix-huit ans. Cela n'y fit pas le moindre bruit. Les nouvelles publiques de Rome eurent la malice d'y insérer ces mots: «Les lettres de Paris nous apprennent que le seigneur Pietro Mazarini, père du cardinal de ce nom, est mort en cette ville de Rome, etc.» (T. XI, p. 190.) Loménie de Brienne, qui écrivait du vivant même de Mazarin, et lorsqu'il était tout-puissant, ne savait rien non plus sur son origine; il dit, t. II, p. 10: «Que le cardinal fût de Rome ou de Mazara, qu'il fût né gentil-homme ou non, je laisse ces difficultés à débrouiller aux généalogistes.»
Page 466, ligne 24: Au dur despotisme d'une parente avare.
Cette parente était la comtesse de Neuillant, mère de madame la duchesse de Navailles.
Page 466, lignes 26 et 27: On la croyait née en Amérique.
Saint-Simon le croyait encore, et ignorait de qui elle était descendue. La justice vient tard pour les personnages qui ont exercé un grand pouvoir; tout ce que dit Saint-Simon sur madame de Maintenon est l'expression de la haine et le résultat de la plus injuste partialité. Il en est de même de ce qu'a dit Madame (mère du duc d'Orléans, régent) dans sa correspondance. Il en est de même de presque tous ceux qui ont écrit sur cette femme célèbre dans le temps de sa faveur. Pendant tout le dix-huitième siècle les philosophes, à cause de sa dévotion, lui ont attribué sur les affaires une influence qu'elle n'avait pas, afin de pouvoir rejeter sur elle les malheurs publics et les désastres des dernières années du règne de Louis XIV. Ce n'est que de nos jours que l'on a commencé à la juger impartialement.
Page 467, lignes 17 et 18: Loret, en devisant sur ce prétendu voyage dans sa bavarde gazette.
Dans la lettre 25, en date du 5 octobre 1652, liv. III, p. 139, Loret dit:
Monsieur Scarron, auteur burlesque, Fort aimé du comte de Fiesque, Est parti de cette cité Ayant sa femme à son côté, Ou du moins en étant bien proche, Lui dans une chaise, elle en coche, Pour devers la ville de Tours Aller attendre quelques jours L'embarquement pour l'Amérique, Où sa personne poétique Espère trouver guérison.
Puis, dans la lettre 45, en date du 9 novembre 1652, liv. III, p. 154, c'est-à-dire un mois après la lettre précédente:
J'avais dit, en juin ou juillet, Que cet esprit rare et follet, Admiré de tout galant homme, Qui le petit Scarron se nomme, Avait choisi par amitié Une jeune et belle moitié. J'ai dit, en une autre semaine, Que vers les champs de la Touraine Icelui s'était transporté Ayant sa femme à son côté, Avec intention formée (Ce disait lors la Renommée) D'attendre, sans y manquer, La saison propre à s'embarquer, Pour voguer en terre lointaine, Que l'on appelle américaine, En laquelle il prétend, dit-on, Devoir rehausser son menton. Or, j'ai maintenant à vous dire Que cet auteur à faire rire, Nonobstant son corps maladif, Est devenu génératif; Car un sien ami tient sans feinte Que sadite épouse est enceinte De trois ou quatre mois et plus. Et puis dites qu'il est perclus!
Madame de Maintenon écrivait, dans une de ses lettres à son frère: «Vous savez que je n'ai jamais été mariée.»
Page 468, lignes 15 et 16: C'est elle-même qui a fait l'aveu de ce dernier motif comme d'une faiblesse...
Dans le passage cité de La Beaumelle, elle dit: «J'en suis punie aujourd'hui par l'excès de faveur; comme si Dieu m'eût dit, dans sa colère: Tu veux de la gloire et des louanges: eh bien! tu en auras jusqu'à en être rassasiée.»
Pages 468 et 469, lignes dernière et première: Les doutes qu'on a élevés sur madame Scarron au sujet du marquis de Villarceaux.
Tallemant des Réaux, après avoir rapporté un voyage que madame Scarron fit au château de Villarceaux avec Ninon, et l'amour que Villarceaux avait pour madame Scarron, et les efforts qu'il fit pour la séduire, termine ainsi: «On croit cependant qu'elle n'a pas franchi le pas.» Scarron à l'endroit cité marque le commencement de sa liaison avec Villarceaux, et ajoute: «Je vous en dirai demain davantage chez mademoiselle de Lenclos, où je me ferai porter à l'heure du dîner.»
Page 469, ligne 21.
La pièce de Scarron intitulée Étrenne à mademoiselle de Lenclos est, suivant moi, du temps de la jeunesse de Scarron et de Ninon. Voici le passage de Saint-Simon sur la liaison de madame de Maintenon avec Ninon: «Elle (Ninon de Lenclos) avait été amie intime de madame de Maintenon tout le temps que celle-ci demeura à Paris. Madame de Maintenon n'aimait pas qu'on lui parlât d'elle, mais elle n'osait la désavouer. Elle lui a écrit de temps en temps jusqu'à sa mort avec amitié. Lenclos (car Ninon avait pris ce nom depuis qu'elle eut quitté le métier de sa jeunesse longtemps poussée) n'y était pas si réservée avec ses amis intimes; et quand il lui est arrivé de s'intéresser fortement pour quelqu'un ou quelque chose, ce qu'elle savait rendre rare et bien ménager, elle en écrivait à madame de Maintenon, qui la servait efficacement et avec promptitude; mais depuis sa grandeur elles ne se sont vues que deux ou trois fois, et bien en secret.»
Page 472, ligne 14: Il propose des plans d'entreprise.
Il s'agissait de créer des offices de déchargeurs pour les marchandises, auxquels une compagnie aurait avancé des fonds pour payer les droits, et faire rendre et décharger les marchandises dans les magasins, aux frais, risques et périls des déchargeurs.
Page 473, ligne 7: Sa femme obtint une pension.
La Beaumelle place en 1653 la pension de seize cents livres que madame de Maintenon obtint par l'entremise de madame Fouquet.
Page 473, lignes 17 et 18: Qui chantaient les louanges de la belle Indienne.
Voici quelques vers de la pièce de La Mesnardière, intitulée la Belle Indienne, à la jeune, belle et spirituelle madame Scarron:
Galanterie. Quant à moi, je me persuade Que ce rare et plaisant malade, Votre fameux et cher époux, Se passera fort bien de vous. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Et pour lui faire voir, ma belle, Combien votre approche est mortelle, Je connais des gens à la cour Qui, pour avoir vu certain jour Seulement votre gorge nue, En ont la fièvre continue. Quel devrait être leur tourment, S'ils vous voyaient à tout moment!
Ceci prouve, au reste, qu'alors la mode pour les femmes était de se découvrir le sein lorsqu'elles étaient habillées; mais ce n'est pas sur ce ton que la Mesnardière louait les appas de la marquise de Rambouillet, ou de sa fille, la duchesse de Montausier. Segrais rapporte que Scarron avait un valet fort simple et fort benêt, auquel les jeunes seigneurs qui venaient chez lui s'amusaient à demander si son maître ne ferait pas bien un enfant à sa femme, parce qu'il répondait toujours: «Oui-da, monsieur, s'il plaît à Dieu.»
Page 473, ligne 23: Qu'avant l'invention des sonnettes de renvoi.
Saint-Simon dit aussi de l'abbé de Fleury, dans ses Mémoires, qu'il s'était rendu agréable dans plusieurs maisons, et qu'il suppléait aux sonnettes avant leur invention.
Page 474, ligne 16: Nos recherches n'ont pu nous faire découvrir.
J'ai cherché en vain l'époque de l'invention des sonnettes de renvoi dans les ouvrages qui décrivent l'art de la serrurerie, dans le grand Dictionnaire des Inventions. Elle n'est pas ancienne; et en parcourant les gazettes publiques du commencement de la régence, on doit pouvoir la déterminer facilement. Ceci m'a donné occasion de remarquer plusieurs passages de Saint-Simon qui nous indiquent les époques auxquelles il a écrit les différents volumes de ses Mémoires. Né en janvier 1675, déjà en 1699, à l'âge de vingt-quatre ans, il les avait commencés, puisque alors il consultait l'abbé de Rancé pour savoir si en sûreté de conscience il pouvait se permettre de les continuer. Ce qui concerne l'année 1714 a été écrit ou retouché postérieurement à l'année 1732 (voy. t. XI, p. 371), puisque Saint-Simon cite dans cet endroit ce que Du Halde lui a dit en 1732. L'année 1715 a été écrite en septembre 1745 (voyez t. XII, p. 248); une autre portion de ces mémoires, en 1746, c'est-à-dire plus de trente ans après l'événement. Le discours préliminaire, ou l'introduction, est daté de juillet 1743; c'est dans cette année ou dans l'année précédente qu'a été écrit le XVIIIe volume, qui concerne les années 1719 et 1721.
Page 474, deux dernières lignes: Qu'elle fit pleuvoir sur ses anciennes protectrices.
On trouve dans les lettres de Scarron quelques détails curieux sur les rapports de madame Scarron avec les grandes dames ses protectrices, dont quelques-unes ont été depuis protégées par elle. Scarron, t. I, p. 92, écrit au maréchal d'Albret: «Madame Scarron a été à Saint-Mandé. Elle est fort satisfaite de la civilité de madame la surintendante (madame Fouquet); et je la trouve si férue de ses attraits, que j'ai peur qu'il ne s'y mêle quelque chose d'impur. Mais comme elle ne va que quand ses amis la mènent, faute de carrosse, elle ne peut lui faire sa cour aussi souvent qu'elle le souhaite.»—Il dit encore au maréchal d'Albret: «Votre carrosse rendait ma petite porte vénérable à tous les habitants de la rue Saint-Louis.»—Dans sa lettre au duc d'Elbœuf, il se plaint que madame de Montchevreuil lui a enlevé madame Scarron.
CHAPITRE XXXV.
Page 479, avant-dernière ligne: Dans le grenier d'une maison voisine.
Le maître de la maison dans laquelle Marigny s'était retiré ne sut que longtemps après qu'il avait donné refuge à un criminel d'État, et les soins que sa servante lui avait rendus. C'est presque aussitôt après s'être évadé de Paris, et au commencement de l'année 1655, que Marigny écrivit de Bruxelles cette lettre à Gaston, qui depuis a été imprimée, et où il lui parle de toutes les beautés que le prince avait eu occasion de fréquenter autrefois pendant son séjour dans la capitale de la Flandre. Cette lettre nous apprend que la comtesse flamande qui envoya un médaillier à Gaston, dont parle mademoiselle de Montpensier, mais qu'elle ne nomme pas, était la marquise de Lédé.
CHAPITRE XXXVI.
Page 488, ligne 19: Nulle femme n'a jamais su mieux qu'Anne d'Autriche tenir un cercle.
Saint-Simon dit que Louis XIV, élevé dans les cercles brillants de la reine sa mère, aurait voulu les faire revivre, mais qu'il ne put y parvenir. Ces cercles finirent avec elle.
Page 490, ligne 24: Toutes les fois qu'on donnait le Cid.
On représenta le Cid aux noces de mademoiselle de Schomberg, et il eut alors un succès extraordinaire.
Page 492, lignes 16 et 17: Dans son château de Saint-Fargeau, qu'elle agrandissait.
Ce fut Le Vau, architecte du roi, qui fit les nouvelles constructions du château de Saint-Fargeau. Mademoiselle y dépensa plus de 200,000 fr., valeur de cette époque (400,000 fr.). Elle avait avec elle dans son exil la vieille comtesse de Fiesque, puis sa belle-fille la comtesse de Fiesque la jeune, et madame de Frontenac. Elle eut de fréquentes querelles avec ces deux dernières: elle n'en était guère aimée, et leur rendait le change. La vieille madame de Fiesque voulut introduire dans le château mademoiselle d'Outrelaise, qu'à cette occasion Loret nomme la divine. Nous reviendrons sur cette expression, et sur mademoiselle d'Outrelaise, lorsque madame de Sévigné, qui fait mention d'elle, nous en fournira l'occasion.
Page 492, ligne 19: Sa naine.
Loret, dans sa gazette, annonce sa mort et fait son épitaphe. Il dit qu'en la mettant dans une petite balance, avec sa robe, sa chemise et sa coiffure, elle ne pesait pas plus qu'un louis d'or. Si le fait était rigoureusement vrai, il resterait à déterminer quel était le poids d'un louis d'or en 1653.
Page 492, ligne 20: Entretenait une troupe de comédiens.
Nous avons dit qu'on ne donnait pas une grande fête, pas un grand repas, sans le secours des comédiens. Ainsi lorsque le président Tubœuf régala toute la cour dans son château de Ruel, qui avait appartenu au cardinal de Richelieu, il fit représenter, avec des décorations de Beaubrun, la pastorale d'Amarillis, qui avait eu tant de succès l'année précédente. Beaubrun était un fameux peintre de portraits, qui mourut en 1692, à quatre-vingt-huit ans. Loret a décrit le repas donné au mois d'août à Monsieur par Mazarin, et où se trouvèrent le roi, les deux reines, c'est-à-dire la reine mère et la reine d'Angleterre, avec les princes ses fils, le prince et la princesse de Galles, le duc d'York et le duc de Glocester, qui venait d'arriver; et dans cette description le gazetier n'oublie pas de nous dire
Qu'après les friands aliments Vinrent les divertissements, Savoir, d'excellentes musiques Et de beaux spectacles comiques.
Loret nous apprend que le service fut fait en argent ou porcelaine. La porcelaine était donc alors en usage. Voyez Loret, liv. IV, p. 97, et liv. V, p. 24.
Loret, en décrivant le repas donné par le duc d'Arpajon, dit:
Tout y fut assez jovial, Car la comédie et le bal Qui suivirent cette abondance Divertirent fort l'assistance.
Et aussi, lors du festin pour les noces du marquis de Bade:
Enfin, après ce grand repas Si semé de plats et d'appas, On ouït quelque mélodie, Et sur le soir la comédie.
Voyez Loret, liv. V, p. 19, lettre en date du 7 janvier 1654, et p. 24, lettre en date du 21 février 1654. Je pourrais multiplier ces exemples.
Page 493, ligne 25: Et celui du Petit-Bourbon.
Loret nous apprend ce fait dans sa gazette du 30 août 1653:
Une troupe de gens comiques Venus des climats italiques, Dimanche dernier, tout de bon, Firent dans le Petit-Bourbon L'ouverture de leur théâtre.
Page 494, ligne 19: Ayant pour titre la Nuit.
La description de ce ballet de la Nuit fut imprimée chez Ballard; mais il en existe une copie manuscrite in-folio à la bibliothèque de l'institut, avec les dessins de tous les personnages revêtus de leurs costumes, peints à l'aquarelle. Ces costumes étaient riches en couleurs, chargés d'or et d'argent, de galons, et de paillettes brillantes, bizarres et fantastiques.
Je remarque que, dans la prolixe description qu'il a donnée de ce ballet, Loret parle de Villequier (probablement le duc de Villequier) qui distribuait des billets, et faisait placer tout le monde. La rue qui passait devant le théâtre du Petit-Bourbon, et qui était une continuation de la rue actuelle des Poulies, se nomme Villequier sur le plan de Paris de Berey de 1654; et je crois que ce nom a échappé à Jaillot, et à tous les laborieux scrutateurs des origines de Paris.
Page 496, lignes 12 et 13: La suite en fit voir de déplorables conséquences.
Philippe de France ou Monsieur, frère de Louis XIV, naquit le 21 septembre 1640; Louis XIV, le 5 septembre 1638. Les preuves abondent sur les goûts dépravés de Monsieur, qui inspiraient à son frère une juste aversion. Saint-Simon, à l'endroit cité, dit: «Le goût de Monsieur n'était pas celui des femmes, et il ne s'en cachait pas.» A ce ballet de la Nuit, le duc de Buckingham, fils de celui qui excita si vivement la jalousie de Louis XIII par ses attentions pour Anne d'Autriche, représenta le démon du feu. (Benserade, t. II, p. 57.)
Je remarque dans les diverses descriptions de ce ballet que certains objets de luxe étaient alors d'une cherté qu'on a peine à concevoir aujourd'hui: ainsi Loret nous apprend qu'une orange de Portugal coûtait cinq livres, c'est-à-dire dix livres de notre monnaie actuelle. (Loret, liv. IV, p. 59.)
Page 497, lignes 11 et 12: Monsieur et madame de Montausier étaient occupés à solliciter.
La marquise était venue à Paris la première, pour solliciter Mazarin. Son mari ne vint l'y rejoindre qu'après la paix de Bordeaux, le 31 juillet.
Page 498, lignes 20 et 21: Ne sont pas toujours exemptes d'obscénités.
Voyez, p. 74 de ce recueil de Sercy, une pièce intitulée A une demoiselle tourmentée de vents, dont je ne puis rien citer. Cela se dédiait à un aumônier du roi, et s'imprimait avec privilége du roi. Le privilége est du 19 janvier 1653. Le livre fut achevé d'imprimer le 24 mars de la même année.
Page 498, note 1: Poésies choisies, etc.
C'est dans ce recueil de Sercy qu'on trouve aussi pour la première fois imprimés les vers pour la Guirlande de Julie, et les épigrammes, rondeaux et impromptus auxquels la dispute des sonnets de Job et d'Uranie a donné lieu.
CHAPITRE XXXVII.
Page 505, note 1: Corbinelli, Histoire de la maison de Gondi.
L'histoire généalogique de la maison de Gondi a été composée par Corbinelli, en commun avec Ant. Pezay. La duchesse de Lesdiguières en fit les frais. C'est un ouvrage magnifique, pour la beauté des portraits. Des Anciens Historiens réduits en Maximes, il n'y a d'imprimé que les extraits de Tacite.
Page 505, ligne 11: Il se logea dans le quartier du Marais du Temple.
Saint-Simon nous apprend qu'au sujet des différents quartiers de Paris, et des statues de nos rois qui s'y trouvaient, on disait: Henri IV avec son peuple sur le Pont-Neuf, Louis XIII avec les gens de qualité à la place Royale, et Louis XIV avec les maltôtiers à la place des Victoires. Sur quoi Saint-Simon ajoute: «Celle de Vendôme, faite longtemps depuis, ne lui a guère donné meilleure compagnie.»
Page 506, ligne 3: Il l'acheta 270,000 livres.