Note (retour) — LIVRE PREMIER (continued 2)
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Quand je me rappelle ces agitations, combien je me trouve heureuse, aujourd'hui, de voir mon mari, paisible et satisfait, à la tête de l'administration d'une belle province, remplissant dignement les devoirs d'un bon citoyen, utile à son pays9! Quel plus digne emploi des facultés d'un homme éclairé dans son esprit, noble dans ses sentiments! quel contraste avec ce métier si dangereux, si minutieux, si près du ridicule, qu'il faut exercer dans les cours, et cela sans se donner un instant de relâche! Et je dis dans les cours, car elles se ressemblent toutes. Sans doute, la différence du caractère des souverains influe sur l'existence des gens qui l'entourent; il y a des nuances entre le service exigé par Louis XIV, notre roi Louis XVIII, l'empereur Alexandre, ou Bonaparte. Mais, si les maîtres diffèrent, les courtisans sont partout les mêmes; les passions restent semblables, puisque la vanité en est toujours le secret mobile. Les jalousies, le désir de supplanter, la crainte de se voir arrêter dans son chemin, les préférences, tout cela donne et donnera toujours les mêmes agitations, et je suis intimement convaincue, pour le passé comme pour l'avenir, qu'un homme, vivant dans un palais, qui veut y conserver les facultés de penser et de sentir, y doit être presque continuellement malheureux.