SCENE DERNIERE.
Reading edition
JASON, IPHITE.
JASON.
ELle fuit; & ce Char l’enlevant dans les nuës, Ouvre à sa cruauté des routes inconnuës. La Barbare à mes yeux disparoît pour jamais; Elle brave ma haine aprés tant de forfaits; Et m’enleve en fuyant, malgré ma rage extrême, Beaupere, Enfans, Maîtresse, & ma vengeance même. Je ne puis la punir de tant de crüauté. Le Ciel offre un asile à son impieté. C’en est trop. Terminons ma vie & son supplice. Je ne puis me vanger; il faut que je perisse. Trop malheureux objets de l’amour de Jason, Déplorable Créüse! infortuné Creon! O mes Fils! joüissez de la seule vengeance, Que les Dieux inhumains laissent en ma puissance. (Il se tuë.)
IPHITE.
Ah! Seigneur... il n’est plus. Quels horrible malheurs O trop funeste Amour, produisent tes fureurs.
FIN.
Extrait du Privilege du Roy.
PAr Lettres Patentes de Sa Majesté, données à Paris le vingt-quatriéme Mars 1694. Signé; NOBLOT. Il est permis au Sieur PIERRE EMERY Libraire de Paris, d’imprimer un Livre intitulé Medée, Tragedie nouvelle, pendant le temps de six années consecutives: Avec défenses à tous autres de le vendre & le debiter sans le consentement dudit Exposant à peine de confiscation des Exemplaires contrefaits & de trois mil livres d’amende, ainsi qu’il est porté plus au long dans lesdites Lettres.
Registré sur le Livre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de la Ville de Paris, le 26. dudit mois & an. Signé; P. AUBOÜIN, Syndic.
Achevé d’imprimer le premier Avril 1694.
Ledit Sieur Emery a fait part dudit Privilege aux Sieur Auboüin & Clouzier.