AVERTISSEMENT
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DES ÉDITEURS.
Cet ouvrage, terminé au commencement de 1815, avait été perdu avec beaucoup d'autres papiers dans les voitures impériales prises à Waterloo; et c'est sous le titre anonyme de Manuscrit de mil huit cent quatorze, trouvé à Waterloo, qu'il nous a été présenté.
Occupés d'en donner une édition, nous avons mis tous nos soins à chercher quel en était l'auteur, et voici ce que nous avons appris d'une manière certaine.
Napoléon, en quittant Fontainebleau pour se rendre à l'île d'Elbe, avait chargé le baron Fain, son secrétaire du cabinet, de préparer sur les dernières années un relevé de faits et de dates qui pût lui servir de canevas, selon son usage, lorsqu'il voudrait dicter cette partie de son histoire. C'est en voulant s'acquitter de cette tâche que M. Fain a rédigé le manuscrit perdu quelque temps après à Waterloo. Nous publions cet ouvrage tel qu'il est sorti des mains de l'auteur à l'époque que nous venons de citer. Cependant quelques aperçus qui ne sont qu'indiqués dans le texte ont depuis été confirmés par des écrivains qu'on ne saurait taxer d'être au nombre des partisans de Napoléon; et nous avons cru devoir citer en notes certains passages de leurs écrits, qui, pouvant être considérés comme l'aveu de la partie adverse, sont de nature à dissiper des incertitudes toujours fatigantes pour le lecteur.
Nous donnons à la fin de chaque partie un supplément composé de pièces que nous avons puisées dans des portefeuilles riches en matériaux historiques, et qui complètent cet ouvrage dans les détails les plus importants.
PRÉFACE.
Aussitôt après la chute du gouvernement impérial, les vainqueurs se sont empressés de raconter les événements à leur manière. Toutes les trompettes ont sonné pour eux: c'est l'usage!
Cependant les armées françaises avaient fait leur devoir, et la patrie reconnaissante élevait la voix en leur honneur; mais celui qui pouvait seul faire le juste partage de la louange et du blâme n'était plus là! A son défaut, bien des gens ont cru devoir faire les parts eux-mêmes. On s'est mis à l'ouvrage. Chacun a fait de l'histoire pour son compte; chacun a voulu fixer l'attention du public sur le point où il s'est trouvé. L'épisode est devenu le sujet principal; les papiers d'état-major, les états de situation, ont été déployés, et tout le fatras de la controverse militaire n'a fourni que trop de volumes! Sous cette masse de détails, les grands traits de l'histoire courent risque de disparaître, ou de n'être plus éclairés que par un faux jour! Mais le temps roule dans sa marche sur les petites combinaisons de l'amour-propre et de l'esprit de parti; il écrase avec indifférence les pygmées comme les grains de sable, et ne laisse à la postérité que des vestiges dignes d'elle!
De toutes les apologies auxquelles la grande catastrophe de 1814 pouvait donner naissance, une seule eût été digne de passer aux siècles à venir: elle manque, et ce sera la plus grande lacune de l'histoire de nos jours. Ainsi, tout le monde a parlé, excepté celui qu'on avait besoin d'entendre!
Il faut pourtant suppléer, s'il est possible, à son silence. En attendant qu'une plume fidèle et exercée entreprenne cette tâche, les faits parlent: ils suffisent déjà. On veut seulement essayer, dans l'écrit qu'on soumet ici au lecteur, de rétablir les événements dans leur ordre et dans leur véritable proportion.
L'auteur écrit dépourvu de matériaux; mais il était auprès de Napoléon: le souvenir de ce qu'il a vu, de ce qu'il a entendu et de ce qu'il a senti, sera son guide. Il a suivi les marches du grand quartier général; il a été témoin des événements principaux; la position où il était lui a permis de voir, du point le plus élevé, l'ensemble des affaires et de les juger dans le rapport qu'elles avaient entre elles... Il aura atteint le but qu'il se propose, s'il parvient à mettre un moment le lecteur dans la même position.
TABLE DES CHAPITRES.
PREMIÈRE PARTIE.
SÉJOUR DE NAPOLÉON A PARIS.
Chap. Ier. Arrivée de Napoléon à Paris.--Ses premières dispositions 1
Chap. II. Propositions de Francfort. 5
Chap. III. Les alliés reprennent l'offensive. 12
Chap. IV. Un parti d'opposition éclate à Paris.--Napoléon renvoie le corps législatif.--Conspiration intérieure. 17
Chap. V. Invasion du territoire français. 25
Chap. VI. Projets de Napoléon pour l'ouverture de la campagne.--Formation des réserves.--Coup d'oeil sur nos autres armées. 30
Chap. VII. Reprise des négociations.--Progrès de l'invasion étrangère. 41
Chap. VIII. Dernières dispositions.--Départ de Napoléon pour l'armée. 46
Supplément à la première partie. 49
DEUXIÈME PARTIE.
JOURNAL DE LA CAMPAGNE.
Chap. Ier. Arrivée de Napoléon à Châlons-sur-Marne. 83
Chap. II. L'armée reprend l'offensive.--Bataille de Brienne. 88
Chap. III. Retraite de l'armée française.--Conditions dictées par le congrès. 102
Chap. IV. Seconde expédition contre le maréchal Blücher.--Combat de Champaubert.--Bataille de Montmirail.--Combats de Château-Thierry et de Fauchas. 113
Chap. V. Retour sur la Seine.--Combats de Nangis et de Montereau.--Poursuite des Autrichiens jusqu'au-delà de Troyes. 125
Chap. VI. L'armée française rentre dans Troyes.--Second séjour de Napoléon dans cette ville.--Négociation de l'armistice à Lusigny. 148
Chap. VII. Troisième expédition contre le maréchal Blücher.--Retour de Napoléon sur la Marne. 160
Chap. VIII. Excursion au-delà de l'Aisne.--Bataille de Craonne.--Combats de Laon et de Reims. 176
Chap. IX. Napoléon ramène l'armée sur la Seine.--Combat d'Arcis. 196
Chap. X. Marches et contre-marches entre Vitry, Saint-Dizier et Doulevent. 212
Chap. XI. Retour sur Paris. 224
Supplément à la deuxième partie. 235
TROISIÈME PARTIE.
SÉJOUR DE L'EMPEREUR A FONTAINEBLEAU.
Chap. Ier. L'armée se range autour de Fontainebleau.--Nouvelles de Paris.--Succès du parti royaliste. 355
Chap. II. Suite des nouvelles qu'on reçoit de Paris. 363
Chap. III. Influence des événements de Paris sur Fontainebleau. 369
Chap. IV. Suites de la défection du duc de Raguse. 379
Chap. V. Traité du 11 avril. 390
Chap. VI. Dispersion de la famille impériale. 398
Supplément à la troisième partie. 408