EN VOYANT LES ENFANTS SORTIR DE L'ÉCOLE
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Juin 1820.
Je ris quand chaque soir de l'école voisine Sort et s'échappe en foule une troupe enfantine, Quand j'entends sur le seuil le sévère mentor Dont les derniers avis les poursuivent encor: —Hâtez-vous, il est tard, vos mères vous attendent! —Inutiles clameurs que les vents seuls entendent! Il rentre. Alors la bande, avec des gris aigus, Se sépare, oubliant les ordres de l'argus. Les uns courent sans peur, pendant qu'il fait un somme, Simuler des assauts sur le foin du bonhomme; D'autres jusqu'en leurs nids surprennent les oiseaux Qui le soir le charmaient, errants sous ses berceaux; Ou, se glissant sans bruit, vont voir avec mystère S'ils ont laissé des noix au clos du presbytère.
Sans doute vous blâmez tous ces jeux dont je ris; Mais Montaigne, en songeant qu'il naquit dans Paris, Vantait son air impur, la fange de ses rues; Montaigne aimait Paris jusque dans ses verrues. J'ai passé par l'enfance, et cet âge chéri Plaît, même en ses écarts, à mon coeur attendri. Je ne sais, mais pour moi sa naïve ignorance Couvre encor ses défauts d'un voile d'innocence. Le lierre des rochers déguise le contour, Et tout paraît charmant aux premiers feux du jour.
Age serein où l'âme, étrangère à l'envie, Se prépare en riant aux douleurs de la vie, Prend son penchant pour guide, et, simple en ses transports, Fait le bien sans orgueil et le mal sans remords!