Note 81 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)
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Seulement alors, il vint en pensée à Lancelot d'abattre le gantelet de sa main gauche, et de découvrir la pierre de l'anneau que lui avait donné la Dame du lac[81]. Aussitôt, l'eau et la planche disparaissent, car elles étaient l'effet d'un enchantement. Mais les épreuves ne faisaient que commencer; l'histoire raconte longuement les autres: comment il se trouva en présence d'un mur de flammes; comment, sur un escalier étroit qui conduisait en une suite de chambres, il lui fallut attaquer trois chevaliers armés de terribles haches et placés, l'un au premier degré, le troisième au dernier, le second entre les deux; comment le troisième, après avoir lutté plus longtemps, courut de chambre en chambre, de cour en jardin, pour éviter son atteinte. Il avait enfin pu gagner un riche pavillon où dormait, dans un lit splendide, Morgain la fée, et il croyait toujours trouver un abri sous le lit; Lancelot qui le serrait de près, prend à deux mains sommier et couvertures, sans regarder si quelqu'un y reposait, et les renverse ce dessus dessous[82]. Morgain, violemment secouée, jette un cri que Lancelot reconnaît pour être d'une femme. Il en a grand regret, car jamais homme n'évita plus que lui de causer le moindre ennui aux femmes, dames ou non dames. Mais d'abord il se remet à la poursuite du chevalier, le joint quelques salles plus loin, le saisit d'une main et du tranchant de son épée lui sépare la tête des épaules. Cela fait, il retourne au pavillon et va s'agenouiller devant Morgain encore tout éplorée: «Dame, dit-il, je vous offre la tête de ce félon chevalier, pour l'amende de l'outrage que je vous ai fait sans le savoir.—Ah! s'écrie Morgain, jamais amende pourra-t-elle effacer une pareille injure!» Au même instant arrive une demoiselle, les yeux rouges de colère et de désespoir, la main armée d'un glaive dont elle va frapper Lancelot par derrière. Lancelot se retourne: «Par mon Dieu, dit-il, si vous n'étiez une femme, je ferais de votre corps deux tronçons.