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Les Romans de la Table Ronde (4/ 5)

Note 70 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)

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Le Val était de grande étendue, environné de hautes montagnes, couvert d'un riant tapis de verdure. Au milieu jaillissait une belle et claire fontaine. La clôture en était merveilleuse; c'était en apparence une muraille épaisse et élevée, en réalité ce n'était que de l'air. On entrait sans trouver et sans supposer le moindre obstacle; mais une fois entré, on ne songeait pas même qu'il y eût un moyen d'en sortir. Le charme durait depuis dix-sept ans; déjà deux cent cinquante-trois chevaliers en avaient éprouvé la vertu. Ils y étaient arrivés de maintes terres; ils y trouvaient à leur guise de belles maisons. À l'entrée de la clôture était la chapelle où les prisonniers pouvaient tous les jours entendre la sainte messe chantée par un prouvaire du dehors. D'ailleurs le séjour paraissait assez agréable à la plupart de ceux qui s'y voyaient retenus. On y trouvait de beaux banquets, des instruments de musique, des chants, des danses, des carolles, des jeux d'échecs et de tables. S'il arrivait que le chevalier y fût entré avec une dame qui n'eût jamais trompé ou voulu tromper son ami, elle demeurait avec lui tant qu'il lui plaisait, et de son plein gré. Quant aux écuyers, on leur permettait de rester près de leurs seigneurs; mais ils pouvaient s'éloigner si, tout en prenant le déduit amoureux, ils étaient restés constamment insensibles aux attraits des autres dames ou demoiselles; autrement ils partageaient le sort de leurs maîtres. Tel était donc le Val sans retour ou des faux amants[70].

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