Note 66 — LANCELOT DU LAC. (continued 3)
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«—Quelle que soit l'aventure, dit le duc, j'entends essayer de la mettre à bonne fin. Mais je ne suis pas sûr d'y parvenir, car je n'ai jamais ouï parler de telle merveille. Veuillez me dire quelle en est l'origine.—Volontiers. Le moutier que vous voyez n'était autrefois qu'un ermitage. La clarté répandue dans le cimetière sort de la dépouille mortelle de maints preux et grands personnages religieux, qui y sont enterrés. En raison de la fertilité du sol, on avait choisi ce lieu pour y construire un château appelé Ascalon le Gai. Il y eut dix-sept ans à la semaine peineuse, qu'à l'heure de matines, chacun étant allé les entendre, le seigneur du château qui aimait de grand amour une demoiselle dont il ne pouvait faire sa volonté, ne craignit pas de mettre à profit les ténèbres; et quand on eut éteint les cierges, il s'approcha de la jeune fille dont il obtint, durant le divin office, tout ce qu'il avait si longtemps désiré. Le Saint-Esprit, qui voit tout, révéla le sacrilége à un pieux ermite de l'ordre de Saint-Augustin le lendemain, comme il célébrait les matines. L'ermite approchant de l'endroit où ils s'étaient arrêtés la veille, trouva le châtelain et la demoiselle frappés de mort dans les bras l'un de l'autre. Depuis ce jour, les ténèbres n'ont pas cessé de couvrir le moutier et le château. Il n'est resté de lumière que dans le cimetière, autour de la tombe des prud'hommes qui y sont inhumés[66]. Et nous avons ouï dire que la clarté ne sera rendue au reste du château que par le meilleur chevalier du monde, auquel est encore réservé l'honneur de mettre à fin les aventures de la Tour douloureuse. Renoncez-vous maintenant à tenter l'épreuve?—Non assurément, demoiselle.»